Les oiseaux s’en sortent malgré les températures douces

L’absence de gel et d’enneigement rendent la vie plus facile à certaines espèces. BirdLife ...
Les oiseaux s’en sortent malgré les températures douces

L’absence de gel et d’enneigement rendent la vie plus facile à certaines espèces. BirdLife Suisse observe tout de même quelques comportements inhabituels en cette fin d’année

BirdLife déconseille de nourrir les oiseaux lors de période de redoux comme celle que l'on vit actuellement. Photo d'illustration : Pixabay.  BirdLife déconseille de nourrir les oiseaux lors de période de redoux comme celle que l'on vit actuellement. Photo d'illustration : Pixabay. 

La météo inhabituelle de cette fin d’année impacte raisonnablement les oiseaux de Suisse. Certaines petites espèces sont même favorisées par ce redoux, car elles trouvent plus facilement de la nourriture. 

La situation reste tout de même globalement concernante pour BirdLife Suisse. Si nous sommes surpris des températures particulièrement douces de ces derniers jours, le problème se répète en fait d’année en année, rappelle François Turrian, directeur romand de BirdLife Suisse. « Il faut voir la situation globalement. Il y a quelques espèces qui s’adaptent et tirent bénéfice de ce dérèglement. Mais pour beaucoup, c’est un grand problème », alerte-t-il. L’association qui lutte pour la conservation de la biodiversité et des oiseaux s’inquiète tout particulièrement pour les espèces d’haute altitude, comme le lagopède alpin.

Cette année, plusieurs phénomènes inhabituels ont été observés. Certaines personnes ont par exemple remarqué que les oiseaux n’étaient pas aussi nombreux que d’habitude dans leurs jardins. « Les oiseaux se dispersent beaucoup plus dans ces conditions assez clémentes. On trouve encore des petits passereaux dans les Montagnes neuchâteloises, dans les endroits qui sont parfois enneigés à cette saison », explique François Turrian.

Autre perturbation observée : des migrations parfois dérèglées pour certaines espèces : « Cette année, on a eu quelques observations tardives d’espèces qui nous quittent normalement pour passer l’hiver dans le bassin méditerranéen. Ce sont surtout les Rougequeues noirs et les Fauvettes à tête noire », précise le directeur romand de BirdLife Suisse.

François Turrian : « Certaines espèces qui ne sont pas toujours présentes à cette période de l’année sont observées sur le lac de Neuchâtel. »

Mais la vague de froid de fin novembre a tout de même poussé un certain nombre d’oiseaux, notamment des canards nordiques, à descendre plus au Sud, rassure François Turrian.

D’autres phénomènes plus spectaculaires sont notamment observés dans les Alpes : « On constate une montée en altitude d’espèces qui restaient jusque là en plaine. On voit parfois maintenant des pies et des merles noirs à 2000 mètres », s’étonne le défenseur des oiseaux. « Il y a tout un cortège d’espèces plutôt favorisées par ces conditions, mais on ne sait pas encore si cela va avoir des effets collatéraux sur les autres oiseaux. Il y a une probable concurrence qui pourrait s’installer entre ces espèces. »

A noter que lors d’un tel phénomène de redoux, il est conseillé par BirdLife de ne pas nourrir les oiseaux. L’association rappelle d’ailleurs que ces animaux sont de toute manière adaptés à des situations hivernales normales. Il est donc uniquement recommandé de les aider lors d’épisode de froid et de gel important. /cde


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