Une momie à Yverdon

Le Musée d’Yverdon et région a inauguré jeudi sa nouvelle salle Égypte. La momie Nes-Shou fait ...
Une momie à Yverdon

Le Musée d’Yverdon et région a inauguré jeudi sa nouvelle salle Égypte. La momie Nes-Shou fait son grand retour dans l’exposition permanente avec une muséographie repensée

La momie Nes-Shou repose dans son sarcophage au Musée d'Yverdon et région. La momie Nes-Shou repose dans son sarcophage au Musée d'Yverdon et région.

Le château d’Yverdon retrouve l’une de ses figures les plus emblématiques. La momie du prêtre Nes-Shou est prête à recevoir les visiteurs du Musée d’Yverdon et région (MY) après 18 mois d’absence. L’institution a inauguré jeudi sa nouvelle salle Égypte. Elle a profité du chantier de restauration de la Tour des Juifs pour repenser la muséographie des collections égyptologiques.

La nouvelle muséographie présente la momie de Nes-Shou d'une manière plus discrète. La nouvelle muséographie présente la momie de Nes-Shou d'une manière plus discrète.

La nouvelle installation, « Le voyage de la momie », entend restituer une certaine confidentialité et discrétion dans la manière de présenter Nes-Shou au public. La présentation précédente datait de 1978. « La momie était exposée contre un des murs de la tour sous une lumière crue », décrit Corinne Sandoz, conservatrice au MY. Aujourd’hui, les visiteurs sont accueillis par le couvercle du sarcophage, avec des informations sur l’identité de la momie et sur sa fonction. « Cette disposition permet de mettre le visiteur en contexte. Il doit contourner le couvercle pour accéder au sujet principal d’exposition. » Le public a ainsi le choix de découvrir ou non la dépouille de Nes-Shou. L’éclairage a également été adapté, avec une luminosité plus tamisée. Il est dirigé sur le papyrus qui recouvre le corps, laissant la tête dans une pénombre discrète.
Corinne Sandoz :

Les orteils de Nes-Shou ont fait frissonner plus d'un écolier yverdonnois. Les orteils de Nes-Shou ont fait frissonner plus d'un écolier yverdonnois.

Le reste de la muséographie présente le cartonnage, avec le masque funéraire, le collier et le plastron. Dans un coin de la salle, nous découvrons trois Suisses présents en Égypte à la fin du 19e siècle. « L’idée était de remettre les Yverdonnois et les gens de la région au cœur du propos et d’expliquer pourquoi au Musée d’Yverdon, qui est un musée régional, on a aussi des objets qui viennent d’ailleurs », explique Corinne Sandoz. Ainsi nous sont présentés Edwin Simond, l’un des fondateurs du musée d’Alexandrie et ancien propriétaire de la momie, Arthur Cartier, ancien chef de la police du Caire, puis l’égyptologue neuchâtelois Gustave Louis Jéquier.

Une dernière section aborde l’imaginaire populaire autour des momies avec des extraits de films d’épouvante, mais aussi avec des représentations contemporaines du sarcophage de Nes-Shou.
Corinne Sandoz :

La momie de Nes-Shou a été découverte en 1885 dans la nécropole Akhmîm (Haute-Égypte) par l’égyptologue Gaston Maspero. C’était un prêtre des années 200 av. J.-C. La momie a été offerte par le gouvernement ottoman à l’Yverdonnois Edwin Simond, ingénieur agronome, en remerciement des services rendus. Ce dernier va proposer la dépouille et son trousseau funéraire au musée d’Yverdon pour des raisons pédagogiques. L’institution se chargera des frais de transport depuis l’Égypte. Elle arrivera à la Cité thermale en 1896.

L’Égypte n’a jamais réclamé son retour. « Ce n’est pas un manque d’intérêt de leur part », précise la conservatrice du MY, « il y a énormément de momies qui ont été sorties du pays au 19e siècle. Le gouvernement égyptien ne réclame que les momies royales, comme les momies de pharaon. » Ainsi, les personnages comme Nes-Shou font de bons ambassadeurs. Ils sont mis en valeur dans de nombreux musées européens et occidentaux pour présenter la culture égyptienne. /dsa

Le couvercle du sarcophage de Nes-Shou accueille désormais les visiteurs de la salle Egypte. Le couvercle du sarcophage de Nes-Shou accueille désormais les visiteurs de la salle Egypte.


 

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