Plus de 1'280 collaborateurs neuchâtelois ont signé une pétition qui demande une revalorisation de leur salaire. Ils appellent aussi l’État à débloquer davantage de moyens pour assurer leurs missions
Le personnel neuchâtelois du secteur social est au bout du rouleau. Plus de 1'280 employés, parmi lesquels de nombreux éducateurs, ont signé une pétition qui sera remise aux autorités cantonales fin novembre. Cela représente les trois quarts des effectifs de la branche.
Les signataires demandent une revalorisation de leur salaire. Ils appellent aussi l’État à débloquer des moyens suffisants afin que les institutions puissent assurer leurs missions.
« Le personnel doit faire l’impossible sans structures ou moyens adéquats » : voilà le cri du cœur lancé mardi après-midi par une jeune éducatrice sociale, Roxane Jean-Mairet. Elle a dépeint des employés épuisés, en sous-effectif, plus à même de prendre en charge de manière optimale les bénéficiaires des institutions. Roxane Jean-Mairet :
Pour les pétitionnaires, les moyens octroyés par l’État ne permettent plus non plus de respecter la Convention collective de travail du secteur des établissements spécialisés. Sylvie Fontana, coprésidente de l’Association neuchâteloise des travailleurs en éducation sociale prend l’exemple des échelons salariaux, pas toujours adaptés ou des budgets pas toujours alloués pour des formations ou des perfectionnements. Elle dénonce également la retenue salariale de 7,5 % faite sur les employés au bénéfice d’un diplôme ES (École spécialisée) face aux diplômés HES (Haute école spécialisée) « alors que le cahier des charges est pratiquement le même », selon Sylvie Fontana :
Le personnel de ces institutions arrive à saturation, selon Sylvie Fontana. La réforme entamée par l’État, qui vise à supprimer des places en institutions pour favoriser un maintien à domicile, ainsi que le développement de familles d’accueil joue un rôle clé dans la dégradation des conditions de travail pour Roxane Jean-Mairet :
Face à cette situation, les auteurs de la pétition demandent notamment une revalorisation des salaires, qu’ils décrivent comme inférieurs de 15% par rapport à ceux de la fonction publique, alors même que leurs semaines se composent de 45 à 47 heures de travail.
Pour l’heure, le Conseil d’État ne prévoit pas d’octroyer de moyens supplémentaires à ces institutions, selon la commission faîtière. Les discussions se poursuivent, avec ce coup de pression mis sur les autorités. Au 30 novembre, les pétitionnaires pensent réussir à mettre 1'400 signatures sur la table des négociations. Et si les discussions avec le Conseil d’État ne donnent pas satisfaction aux employés du social, un débrayage est envisagé le 6 décembre. /sbe









