À La Chaux-de-Fonds, l’expression « être au Coin » n’a jamais semblé aussi conviviale. Reto Juon est à l’image de son café : tout le monde ou presque le connaît. La rumeur de son départ à la retraite a donc fusé dans les rues de la Métropole horlogère. C’est à l’une des tables du Café du Coin qu’on le retrouve avec Martine, fidèle employée, et Andreas Kurz, qui lui succédera à la tête de l’établissement situé plein centre entre Espacité et la Place du marché.
Reportage au Café du Coin avec Léonard Reichen :
« J’ai décidé de passer la main parce que j’ai trouvé la bonne personne. », assure Reto Juon 67 ans. « C’est l’opportunité que ce lieu continue à vivre différemment et peut-être même encore plus fort. » Les deux dernières années difficiles vécues dans le milieu de la restauration ont aussi joué un rôle dans ce passage de témoin. « Ça a été effectivement une période d’interrogations et je me suis rendu compte que je n’avais plus l’énergie de quelqu’un de 25 ans pour aller de l’avant et en disant : on s’en fout on avance ! » explique le Chaux-de-Fonnier.
De mécanicien à patron de bistro
L’homme est modeste mais on peut l’affirmer : Reto Juon est une figure de la vie commerçante chaux-de-fonnière. D’abord serveur dans divers établissements, dont l’Élite (actuel Pacha) et le Monument (aujourd’hui Brasserie de l’Hôtel-de-Ville), ce mécanicien de formation a ensuite endossé le rôle du patron au Petit Paris durant 20 ans (jusqu’en 2007), avant de repartir à zéro avec le Café du Coin qu’il gère depuis 15 ans. « À 20 ans, j’ai fait le choix de la mécanique en ne sachant pas ce que je voulais faire de ma vie. Entre 20 et 30 ans, je me suis dit que ce serait sympa d’avoir un bistro. Mon job de serveur m’a permis de voir que j’aimais le contact avec les gens, et c’est vraiment comme ça que je me suis épanoui. », assure Reto, le sourire au coin des lèvres et la déconnade toujours franche.
Une reprise dans la continuité
Une nouvelle page du Café du Coin s’écrira donc dès janvier de l’année prochaine. Reto Juon a choisi Andreas Kurz, celui qu’on appelle déjà « Andy » dans cet établissement à l’environnement très brut et industriel. Et pour cause. Le trentenaire (il fêtera ses 30 ans en décembre) a déjà connu le Coin en tant qu’extra. « J’ai un peu le même parcours que Reto. Je travaillais en usine et cela ne me convenait pas. En arrivant ici, je suis tombé fan du lieu. C’est une belle aventure humaine. »
Andreas Kurz rassure, il ne va rien bouleverser. « Le concept restera le même à quelques détails près, et je remercie vraiment Reto et Martine de la manière dont la transition se passe. N’étant pas du milieu, je n’ai pas l’impression d’être lâché dans le grand bain. » Sa première année d’exploitation sera marquée par un été sans terrasse en raison des travaux de piétonnisation de la rue du Marché. Pas de quoi lui faire peur. « C’est une situation connue. Ce sera une année sans terrasse et l’année d’après on sera les seuls à l’avoir dans une vraie zone piétonne. L’un dans l’autre, on va s’y retrouver. », assure le Chaux-de-Fonnier ! /lre









