Phare économique de Boncourt, le site de British American Tobacco (BAT) est aujourd’hui menacé de fermeture. La direction a convoqué ce jeudi à 12h30 les quelque 220 employés de l’usine boncourtoise et les a informés qu’un transfert de la production dans une autre usine en Europe était envisagé, ce qui pourrait signifier dans le pire des scénarios l’arrêt total de BAT en Ajoie. À la suite de cette annonce, les salariés ont été libérés pour l’après-midi mais sont attendus dès demain sur le site.
Lancement d'une consultation avec les employés de Boncourt
Si aucune décision n’est encore prise officiellement, « BAT lancera une consultation avec ses employés de l'usine de Boncourt sur l'avenir de la production locale de cigarettes. Elle prendra en compte un certain nombre de facteurs, notamment les coûts de production et de logistique locaux, la capacité de production européenne et la baisse des ventes de cigarettes », précise un communiqué de l’entreprise. Cette phase de consultation s’étalera sur un mois et demi. Deux options principales sont étudiées, une fermeture partielle dans le meilleur des cas ou une fermeture complète de l’usine. Le but de cette phase étant de « s’assurer que nous avons considéré toutes les options », détaille le directeur général de BAT Switzerland Gilles Surdez.
« Une volonté de rationaliser »
Le directeur du site ajoulot explique cette décision par « une volonté de rationaliser » les coûts et invoque « la diminution continue de la consommation de cigarettes qui génère un excédent de capacité au niveau de la région Europe ».
Gilles Surdez :
« Un coup dur pour le canton »
« Ça ne s’annonce pas bien pour un maintien total de l’usine de Boncourt », souffle une source interne à l’entreprise. La décision définitive est attendue courant décembre. « Cette nouvelle est un coup dur pour le canton et a suscité la surprise et la déception du Gouvernement jurassien au regard de l’importance historique de l’entreprise pour la région. L’Etat veillera à la défense des intérêts jurassiens et de ceux des employés », a réagi l’exécutif jurassien, ne cachant pas que les conséquences économiques de ce désengagement programmé de l’un des grands contribuables jurassiens seront « conséquentes » pour les collectivités publiques jurassiennes. L’Etat craint également des incidences importantes sur d’autres entreprises de la région.
Le site administratif et commercial de Lausanne, lui, n’est pas concerné par ce projet de délocalisation. British American Tobacco est le deuxième plus grand fabricant de cigarettes en Suisse et employait en 2021 près de 55'000 personnes dans le monde. L’usine de Boncourt a été fondée en 1814 par la famille Burrus puis vendue en 1996 à Rothmans International puis revendue à BAT en 1999. /clo-rch-jpi









