Avec de l’avance, les vendanges battent leur plein dans le canton de Neuchâtel. C’est le cas notamment au domaine Grisoni à Cressier qui prédit un millésime « presque déstabilisant » après les chaleurs de cet été
Les vignes du canton de Neuchâtel sont en effervescence. Cette année, les vendanges sont précoces, précipitées par les fortes chaleurs de cet été. C’est le cas notamment pour le domaine Grisoni à Cressier qui a débuté la récolte fin août, avec près d’un mois d’avance. « Le défi de 2022 a été un millésime assez chaud, mais rattrapé par des pluies. Le pinot noir n’est pas forcément adapté à des années si chaudes, donc on est vite confronté à la réalité de notre climat. On a également tous eu très peur il y a une semaine avec des orages violents et de la grêle qui est tombée par endroit à St-Blaise », raconte Annie Rossie, œnologue et régisseur pour le domaine Grisoni. Mais malgré ça, l’année est très généreuse en quantité et en qualité de raisin, selon l’œnologue.
Retrouvez notre reportage en immersion dans les vignes en compagnie de la cheffe d’équipe des vendangeurs Patricia Miguel :
Un millésime 2022 très surprenant
Alors que la moitié du raisin est récoltée, Annie Rossi prédit un millésime « très surprenant, mais facile à boire ». « Ce que j’ai en cave est tellement aromatique que c’est presque déstabilisant. On a des cuves de rouge qui ressemblent à de la fraise ou de la framboise », s’étonne l’œnologue. Pareil pour les blancs où les aromatiques sont elles aussi très fortes. Quelque chose d’inhabituel pour le domaine qui a plutôt l’habitude de « plus de finesse et de réserve ». Par ailleurs, « avec un millésime chaud, on s’attendait tous à beaucoup d’alcool, mais avec la pluie de ces derniers jours et la maturité qui s’est freinée sur la fin, les alcools ne sont pas trop haut et les acidités ne se sont pas complètement cassées la figure », détaille l’œnologue.
Annie Rossi : « Je prédis un millésime très agréable à boire et assez rapidement »
Une main-d’œuvre au rendez-vous
La précocité des vendanges n’a pas non plus eu d’impact sur la main-d’œuvre présente pour la récolte. « C’est vrai qu’on voit que dans la restauration il y a de grosses problématiques de manque d’effectifs et je me suis demandé si ce serait la même chose pour les vendanges, mais ça ne l’a pas été contrairement à ce qu’on pourrait penser », se réjouit Annie Rossi.
Selon elle, les raisons sont multiples. Par exemple, beaucoup de vendangeurs viennent de la zone euro et le taux de change est actuellement très favorable. Mais le domaine a également pu compter sur des réfugiés ukrainiens pour les aider. Dernière piste d’explication, certains changements dans les mentalités : « des personnes veulent changer de vie et revenir vers l’agriculture et les métiers de la terre », explique la régisseur.
Selon Annie Rossi, les années de vendanges précoces risquent bien d’être de plus en plus courantes, « mais cela n’est pas un problème, il faut simplement s’y adapter », conclu l’œnologue optimiste. /cde









