20 ans après, le sol est toujours pollué par CISA

La parcelle de l’ancienne usine Catalyse Industrielle SA à La Chaux-de-Fonds doit faire l’objet ...
20 ans après, le sol est toujours pollué par CISA

La parcelle de l’ancienne usine Catalyse Industrielle SA à La Chaux-de-Fonds doit faire l’objet d’un nouvel assainissement. Retour sur une saga industrielle et ses aspects peu reluisants étayés par l’historien Julien Gressot

 Crédit : (Bibliothèque de la Ville de La Chaux-de-Fonds, Département audiovisuel. Photographie : Daniel Gladieux / Impartial.) Crédit : (Bibliothèque de la Ville de La Chaux-de-Fonds, Département audiovisuel. Photographie : Daniel Gladieux / Impartial.)

On vous parle d’un temps que les Chaux-de-Fonniers de moins de 30 ans ne peuvent pas connaître. Celui où une entreprise de traitement des solvants était la porte d’entrée Est de la Métropole horlogère face à Bikini Test. CISA, c’était son nom, a été inaugurée en 1974 et fermée en 1999, non sans avoir fait quelques vagues entre deux. La parcelle doit faire l’objet d’un nouvel assainissement, selon une publication parue dans la feuille officielle de vendredi dernier. Il s’agit du troisième depuis la fermeture de CISA.


Une mission de dépollution qui a fini par polluer

« L’entreprise a été fondée pour des raisons de salubrité publique », rappelle Julien Gressot historien-doctorant à l’Université de Neuchâtel qui a consacré son mémoire de Master à la saga CISA à La Chaux-de-Fonds. « À l’époque, les solvants étaient brûlés en plein air à la décharge des Bulles et il fallait viser le bon vent sinon ça revenait vers la ville de La Chaux-de-Fonds. Ils ont essayé de trouver une solution », reconnaît le Chaux-de-Fonnier.

Julien Gressot : « En 1985, un nuage toxique s’est dégagé de l’entreprise »

L’installation de l’entreprise s’est faite de manière rapide. « CISA est arrivée par le Conseil communal, sans consulter le législatif », explique Julien Gressot. Un chimiste bâlois s’est présenté avec une solution technique pour le recyclage de ces substances. « On parlait à l’époque de bricolage génial, ce qui fait sourire aujourd’hui lorsqu’on sait qu’on parlait de traitement de produits chimiques à haute toxicité », détaille Julien Gressot. Les événements qui sont survenus ensuite ont montré la fragilité de la structure.


Un nuage toxique aux abords de la Ville

Car la bonne volonté affichée en matière de traitement de ces solvants a aussi eu des côtés sombres. En 1985, un incident survient sur place et provoque le dégagement d’un nuage, qui fort heureusement ne s’est pas répandu sur la Ville. D’autres problématiques, dont le déversement de certains produits dans un gouffre situé sous la parcelle et relié au Doubs, a provoqué le placement de l’entreprise sous contrôle strict puis la fermeture de CISA à la fin des années 90.

Julien Gressot : « Les lacunes étaient trop grandes pour CISA »

Contacté ce mardi, le Canton de Neuchâtel, par son Service de l’environnement, n’a, pour l’heure, pas donné suite à nos questions relatives à l’ampleur des travaux à mener encore et à leur coût. L’appel d’offres auprès des entreprises a été lancé dans la Feuille officielle. /lre


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