La pénurie de personnel qui touche la branche du transport public urbain est plus prononcée dans la Métropole horlogère. Des courses ont été supprimées parfois en journée. La compagnie annonce vouloir prendre des mesures
Les Transports publics neuchâtelois font face à une pénurie de main d’œuvre, plus spécifiquement sur le réseau de bus de La Chaux-de-Fonds. Comme l’a constaté notre rédaction, certaines courses ont été supprimées, même en pleine semaine. Ce qui perturbe ainsi le bon déroulement de la cadence à 10 minutes. Une situation qui s’est déroulée à trois reprises cette année, confirme la compagnie.
Le constat est amer pour le Syndicat des transports SEV. Son secrétaire syndical Jean-Pierre Etique confirme les faits. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase selon lui : le maintien, depuis l’horaire 2021, de la cadence à 10 minutes jusqu’à 20h00 la semaine contre 19h00 auparavant en ville de La Chaux-de-Fonds. De nouveaux horaires qui obligent la compagnie à respecter le temps de pause exigé par la loi de 9h00 soit jusqu’à 5h30, une heure où les bus sont déjà sortis du dépôt et les employés déjà mobilisés.
Des conditions pénibles pointées du doigt.
Pour le syndicat, les chauffeurs font des tours de service avec des horaires de travail plus ou moins similaires sur plusieurs jours suivis, avec à la clé des amplitudes de travail de plus de 12h00, dont 4 heures de pause.
C’est tout le domaine des transports publics qui est touché, y compris ailleurs dans le canton. Mais à La Chaux-de-Fonds, dit Jean-Pierre Etique, s’ajoute une situation avec de moins en moins de jours de récupération, des horaires pénibles, le sous-effectif qui ampute les périodes de repos, et finalement une augmentation croissante des cas d’absences pour cause de maladies.
Le syndicat regrette, selon ses dires, que la problématique des coûts de production soit prioritaire au dépens du bien-être du personnel. Si les compagnies prévoyaient auparavant ce que Jean-Pierre Etique appelle des « tours de réserves », des remplaçants planifiés prêts à dépanner, ce n’est plus le cas aujourd’hui, ce qui oblige des chauffeurs à sortir de leurs congés.
TransN veut améliorer sa gestion des ressources humaines
TransN reconnaît les difficultés pour le réseau de La Chaux-de-Fonds et les suppressions occasionnelles de certaines courses.
Ces situations, décidées en dernier recours, sont à mettre sur le compte d’annonces tardives d’absences que le centre de gestion du trafic a dû adapter en urgence. TransN reconnaît que la situation des ressources humaines reste tendue. Le taux d’absentéisme est qualifié de « spécialement haut » à La Chaux-de-Fonds. Il n’a pas retrouvé la stabilité qui prévalait avant le Covid. Les heures supplémentaires se sont aussi accumulées. TransN admet que la prolongation de la cadence à 10 minutes en soirée a été une période charnière mais qui s’est résorbée désormais. A noter qu’en cas d’urgence du personnel administratif, détenteur des permis de conduire pour les bus, peut aussi être mobilisé.
Autrefois mêlé aux finances, un département autonome des ressources humaine a été mis en place et sera mieux habilité pour prendre en main le dossier de l’absentéisme, selon la compagnie.
TransN affirme rechercher activement de nouveaux conducteurs ou de nouvelles conductrices pour combler ce sous-effectif. Un dialogue est aussi instauré avec les chauffeurs de La Chaux-de-Fonds via des sondages et des rencontres avec la direction. Enfin TransN ajoute que les tours de service de plus de 12h00 sont systématiquement discutés avec le syndicat et obéissent aux exigences de la loi. De même, la CCT TransN est toujours respectée. /lre









