La Confédération vient au secours de l’entreprise énergétique Axpo. En raison des fortes hausses de prix sur les marchés de l’énergie, le Conseil fédéral a décidé mardi de lui mettre à disposition un crédit-cadre de quatre milliards de francs. Le gouvernement indique avoir répondu favorablement à une demande d’Axpo pour éviter de « mettre en péril l’approvisionnement énergétique en Suisse ».
Axpo est l’une des trois grandes sociétés électriques de Suisse avec Alpic et BKW, note notre correspondant à Berne, Serge Jubin. Ses finances sont saines, avec deux milliards de liquidités en réserve. Si l’entreprise demande aujourd’hui un soutien financier, c’est en raison des exigences financières de la bourse. Les contrats dans le domaine de l’électricité sont conclus à l’avance, mais la bourse exige que le producteur garantisse la livraison de l’électricité au prix du marché quand il la vendra. Il y a quelques années, un kilowattheure coûtait environ six centimes, mais il a dépassé le franc la semaine passée. Axpo pourrait donc avoir besoin de centaines de millions de francs du jour au lendemain pour assurer ces garanties.
Une première dans le domaine de l’électricité
Axpo ne risque pas de faire faillite, et la Confédération ne devrait rien perdre dans la manœuvre, précise Serge Jubin. Ce prêt est toutefois inédit dans le secteur de l’électricité. Parmi les exemples célèbres de sauvetage de la Confédération, on se souvient de celui d’UBS en 2008 où 60 milliards de francs avaient dû être trouvés pour éviter un risque réel de faillite. En mars 2020, 17 milliards de cautionnements de prêts Covid avaient été libérés pour les entreprises du pays.
Une « victoire d’étape » pour Simonetta Sommaruga
La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a présenté ce plan de sauvetage avec le sourire mardi, raconte notre correspondant. Elle contre ainsi les critiques qui lui ont été adressées ces dernières semaines et qui lui reprochaient de ne rien faire pour assurer l’approvisionnement énergétique du pays. « Mais l’UDC entend rester la mouche du coche dans ce dossier énergétique », relève Serge Jubin. « Car malgré les risques de pénurie, 2023 sera une année électorale en Suisse. Et quand on fait de la politique, le plus important, ça n’est pas tant le bien commun, mais bien de gagner les élections ». /ara









