Le vrac n’emballe plus la population

Les magasins en vrac du canton de Neuchâtel font face à une baisse de leur fréquentation. Les ...
Le vrac n’emballe plus la population

Les magasins en vrac du canton de Neuchâtel font face à une baisse de leur fréquentation. Les raisons de ce changement sont multiples. À Fleurier, l’épicerie a déjà annoncé sa fermeture prochaine

Le Silo à La Chaux-de-Fonds peut compter sur son café pour maintenir son épicerie en vrac. (Photo: le Silo) Le Silo à La Chaux-de-Fonds peut compter sur son café pour maintenir son épicerie en vrac. (Photo: le Silo)

Considéré comme une nouvelle manière de consommer juste avant la pandémie de coronavirus, le vrac ne semble plus rassembler autant de monde. Ces épiceries permettent surtout aux consommateurs d’acheter des produits secs, au poids. Elles visent à réduire la production de déchets. Mais le Covid et ses effets sont passés par là, réduisant la fréquentation dans tous les magasins contactés par RTN aux quatre coins du canton de Neuchâtel.


Fermeture à Fleurier, avenir pas toujours assuré ailleurs

À Fleurier, la gérante du Cellier des Fées, Aline Franel vient d’annoncer qu’elle fermait au 1er octobre. Le magasin était ouvert depuis moins de 4 ans, et si le nombre de clients est resté stable, le panier moyen a diminué d’environ 30% en une année.

À Cernier, les « Enfants de la Terre » font la même constatation. Une des coopératrices, Cécilia Martorana raconte que le magasin est clairement menacé, si les caisses ne sont pas renflouées d’ici la fin de l’année. À La Chaux-de-Fonds, le Silo peut compter sur son café pour « garder la tête hors de l’eau ». Chez Mamie à Corcelles, les deux associés expliquent avoir pu compter sur des économies privées afin de garder l’épicerie ouverte. À Cortaillod, « Ton bonheur en vrac » vient de réduire ses horaires, après une baisse de fréquentation de moitié pendant l’été. Claudia Giorgis, responsable du magasin, confie avoir de la difficulté à trouver des nouveaux clients. Elle précise que si les chiffres ne changent pas d’ici la fin de l’année, la « situation risque de devenir compliquée » pour son épicerie.

Claudia Giorgis : « Les gens ont peut-être moins de temps pour cuisiner et (…) garder les habitudes prises pendant le Covid au niveau du vrac. »

Trop de magasins en vrac par rapport à la demande ?

Les magasins neuchâtelois contactés évoquent tous une multitude de facteurs pour expliquer la baisse de fréquentation : certains ont été touchés par une baisse dès le début de la pandémie de coronavirus. Olivia Manigley, associée de Chez Mamie, estime qu’il y a peut-être trop de magasins en vrac par rapport à la demande de la clientèle, une idée partagée également par les Enfants de la Terre à Cernier. L’inflation et l’augmentation du prix de l’essence peuvent également expliquer ce changement d’habitudes. Aussi, les épiceries sont souvent considérées comme plus chères que les grandes surfaces, ce qui n’est pas forcément le cas selon les témoignages récoltés.

Malgré ces constatations, les magasins en vrac ont confiance en leur combat. Plusieurs parlent de « métiers passion », soulignant que parfois, ils ne versent plus de salaire pendant plusieurs mois. Ils croient en l’importance de la démarche du vrac. Pour la responsable du Silo, Mariella Jeanneret-Gris, ces épiceries ont plusieurs avantages : l’achat de la quantité voulue, la réduction de déchets ou encore la proximité des produits.

Mariella Jeanneret-Gris : « Ce n’est pas plus cher d’acheter en vrac, les prix sont équivalents, voire meilleur marché chez nous »

Les magasins en vrac contactés expliquent aussi mettre à disposition des sacs en tissu ou en papier, afin d’éviter à leurs clients un transport constant de bocaux. /swe


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