La droite et les dentistes font bloc contre l’assurance des soins dentaires

Les Neuchâtelois votent le 25 septembre sur une initiative sur les soins dentaires. Un comité ...
La droite et les dentistes font bloc contre l’assurance des soins dentaires

Les Neuchâtelois votent le 25 septembre sur une initiative sur les soins dentaires. Un comité d’opposants dénonce un projet « trompeur »

Un comité composé de médecins-dentistes, des partis de droite et d'associations économiques s'opposent à l'initiative. (Photo: CNCI) Un comité composé de médecins-dentistes, des partis de droite et d'associations économiques s'opposent à l'initiative. (Photo: CNCI)

Les médecins dentistes et la droite ne veulent pas d’une assurance des soins dentaires dans le canton de Neuchâtel. Cette initiative est soumise au vote le 25 septembre et demande que l'État institue une assurance obligatoire qui prendrait en charge les soins dentaires de base et les contrôles périodiques.

Un comité d’opposants composé du PLR, du Centre, des Verts Libéraux, de l’UDC, de la société suisse des médecins dentistes et d’associations économiques a présenté ses arguments devant la presse jeudi.

L'initiative va péjorer l'attractivité économique du canton car elle sera financée par une nouvelle ponction sur les salaires, a expliqué jeudi le conseiller national Damien Cottier. L’élu PLR juge ce mode de financement injuste. « L'ensemble de la population bénéficierait de cette assurance, alors qu'elle serait financée uniquement par les personnes actives dans le canton de Neuchâtel ».

Damien Cottier, conseiller national PLR

La droite pointe aussi du droit le coût du projet. « Il est estimé à 110 millions de francs par an pour l'instant mais il pourrait augmenter au fil des années », a ajouté Damien Cottier.

Sur cette somme, 70 millions de francs seront ponctionnés, à parité entre employeurs et employés, et 40 millions seront à la charge des collectivités publiques. « Le cumul des prélèvements est problématique », a expliqué le député PLR Quentin di Meo, représentant de la Chambre neuchâteloise du commerce et de l'industrie.

Actuellement, les trois prélèvements neuchâtelois (formation professionnelle, contrat-formation et structures d'accueil) se montent à 60 millions de francs pour les employeurs par an. Ils s'élèveraient à 95 millions avec cette assurance dentaire, a ajouté Quentin di Meo.


Dans une situation impossible

Le financement de cette assurance dentaire « complexifierait les discussions sur l'avenir du contrat-formation », a ajouté Lionel Martin, président de l'UDC neuchâteloise. Lors de la réforme fiscale, les employeurs avaient accepté le principe du contrat-formation en faveur des apprentis avec une contribution patronale de 0,58%, à condition qu'il n'y ait pas de ponction supplémentaire durant cinq ans. Ce régime s'arrête à fin 2024.

« Cette assurance mettrait le canton dans une situation impossible », a ajouté Damien Cottier. D'autant plus qu'actuellement, le canton et les communes « ne seraient déjà pas capables d'assumer les 40 millions à leur charge », a précisé Lionel Martin.


L’ensemble de la profession opposée

Au niveau des soins, « cette initiative est une fausse bonne idée », a expliqué Marc-Emmanuel Grossen, représentant de la Société suisse des médecins-dentistes (SSO) Neuchâtel. Les traitements les plus onéreux (implants, couronnes et orthodontie) ne seront pas pris en charge.

Marc-Emmanuel Grossen, représentant de la Société suisse des médecins-dentistes Neuchâtel

« Actuellement, on choisit ensemble la solution la plus adaptée pour le patient. Avec l'assurance, il faudra attendre le feu vert d'un médecin-dentiste conseil, qui n'aura jamais vu le patient », a ajouté Marc-Emmanuel Grossen. Et il faudra trouver « hors canton et sûrement hors de Suisse » environ 20 médecins-dentistes conseils et les payer ».

« La santé bucco-dentaire dans le canton est très bonne en comparaison suisse et internationale », a expliqué Marc-Emmanuel Grossen. Pour les personnes les plus précarisées (aide sociale, réfugiés), les coûts de base sont pris en charge et des organismes, comme Caritas, aident ponctuellement à payer des factures dans d'autres situations.


En faveur d'aides ciblées

Actuellement, on a un rapport « économique » avec le patient, ce qui fait qu'il y a un contrôle sur le coût. « On dépend de la satisfaction de notre patient », a ajouté Olivier Marmy, représentant de la SSO. Dans les pays qui ont une assurance, le catalogue de prestations est restreint, la quotepart est élevée et au final de nombreuses personnes renoncent aux soins, a-t-il précisé.

Olivier Marmy est en faveur « d'aides efficaces et ciblées », à l'image du projet-pilote introduit dans le canton de Fribourg. Le représentant des dentistes a d'ailleurs rappelé que l'introduction d'une assurance dentaire a été rejetée en votation en 2018 dans le canton de Vaud et en 2019 à Genève.

L'initiative, déposée en 2015, demande que l'assurance dentaire obligatoire soit financée par une retenue sur le salaire de 1%, payée moitié par l'employeur et moitié par l'employé. Le coût pour l'employé atteindrait 30 francs par mois pour un revenu de 6000 francs. Le comité en faveur du texte présentera ses arguments le 26 août. /ats-ara


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