Au sein de la Mère Commune, l’annonce publiée en fin de semaine passée a eu l’effet d’une bombe : Tissot cherche à implanter certains de ses services ailleurs qu’au Locle. La raison invoquée est la volonté de s’implanter sur l’axe ferroviaire Zurich-Genève, comme l'indiquait Le Temps en fin de semaine dernière. Les services administratifs, marketing et financiers seraient concernés. La Ville de Neuchâtel s’est montrée intéressée et cherche à conserver l’entreprise au sein du canton.
Mais l’annonce a surtout provoqué un soulèvement de questions au Locle, comme le montrent nos recherches. Notre rédaction a contacté plusieurs membres du Conseil général de la Mère Commune, de gauche comme de droite, qui expriment des inquiétudes similaires : est-ce que les liens avec Tissot, dont le siège social se trouve au Locle depuis 1853, n’ont pas été assez entretenus ?
Politique de stationnement pas discutée en amont
Nos interlocuteurs mettent en avant le dernier changement mis en place par les autorités communales : la politique de stationnement, qui obligera les pendulaires à débourser 1100 francs par année pour se parquer au Locle, à partir du 1er août. Les membres du législatif nous ont communiqué leurs craintes quant aux contacts entre le Conseil communal et des entreprises comme Tissot avant l’annonce publique de cette décision.
Il n’y en a pas eu, confirme Cédric Dupraz, président du Conseil communal du Locle. Probablement en raison d’un changement courant 2021 à la tête du dicastère responsable du dossier.
Cédric Dupraz, président du Conseil communal du Locle : « Il n’y a pas eu de consultation »
Stratégie de domiciliation contestée
Autre reproche mis en avant par les conseillers généraux contactés par notre rédaction : le fait que Le Locle possède actuellement une stratégie de domiciliation qualifiée de « quasi inexistante ». Selon ces informations, cela n’aurait pas arrangé les choses avec Tissot, puisque de nombreux employés de l’entreprise horlogère ne vivent pas dans la Mère Commune. Cédric Dupraz écarte de son côté tout lien avec la décision de Tissot. Il met en avant le marché de l’emploi actuellement saturé. 8'500 emplois sont disponibles au Locle, alors que 10'500 personnes y habitent. L’arrivée de nouveaux concurrents attractifs n’aurait pas aidé, selon le président de Commune.
Cédric Dupraz : « Il y a aussi l’arrivée de nombreux acteurs économiques qui ont absorbé un certain nombre de ressources »
Cédric Dupraz ne manque pas d’éloges quant aux conditions de vie au Locle, que ce soit en termes de prix des loyers, de patrimoine culturel et naturel, ainsi que de fiscalité. Il explique aussi faire partie d’un groupe cantonal concernant la politique de la domiciliation. Le but est d’y développer des synergies cantonales avec les grandes entreprises, qui correspondent aux attentes des employés ne vivant pas dans le canton de Neuchâtel. Leurs réponses étaient récoltées jusqu’à fin juin.
« Se battre » pour Tissot
Contactée par e-mail, Tissot n’a pas souhaité s’exprimer sur ses recherches de locaux, expliquant qu’il n’y avait pour l’instant rien de concret. Du côté des autorités communales locloises, Cédric Dupraz dit vouloir « se battre » pour garder un maximum de services de l’entreprise horlogère sur son sol. Des contacts plus détaillés doivent encore être pris.
Cédric Dupraz : « Nous avons écrit à la direction de Tissot pour trouver une solution pour avoir plus de visibilité »
Des décisions de la part de Tissot sont attendues d’ici plusieurs semaines. /swe









