Alain Prêtre condamné pour injure

Le photographe animalier, qui avait envoyé des courriels injurieux à des chasseurs neuchâtelois ...
Alain Prêtre condamné pour injure

Le photographe animalier, qui avait envoyé des courriels injurieux à des chasseurs neuchâtelois, a été condamné jeudi en appel par la Cour pénale pour injure. L'accusé a toutefois été libéré des accusations de calomnie et de diffamation.

Plusieurs personnes avaient manifesté leur soutien au photographe devant le Tribunal de police à La Chaux-de-Fonds l'année dernière (photo: archives) Plusieurs personnes avaient manifesté leur soutien au photographe devant le Tribunal de police à La Chaux-de-Fonds l'année dernière (photo: archives)

Alain Prêtre condamné par la Cour pénale. Acquitté en première instance, le photographe animalier a été reconnu coupable d’injure jeudi par le Tribunal cantonal. Il avait qualifié la Fédération neuchâteloise des chasseurs, respectivement son président, de « tueurs », d’ « assassins » ou encore de « nuisibles » dans trois courriels, dans le contexte politique de la révision de la loi sur la chasse en 2020. Les préventions de diffamation et de calomnie ont toutefois été abandonnées par les juges, estimant que l'accusé ne visait pas une personne en particulier, mais l'ensemble des chasseurs.

C'est le vocabulaire du troisième courriel qui a retenu l'attention des juges. Un texte où il lui écrivait « Pan dans le cul et bien profond, doublement profond ». Ce propos « outrageant » est une « marque de mépris », a déclaré le juge Emmanuel Piaget. Le contexte politique ne justifie pas le contenu de ce message « qui n'a plus rien à voir avec la chasse », a ajouté le juge. « C'est une provocation à l'intention de chasseurs », alors que le débat était clos, puisque les résultats de la votation étaient connus.

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Mauvais antécédents

Pour l'injure, le Tribunal cantonal a fixé la peine à 30 jours-amende à 30 francs sans sursis. Il a relevé que le prévenu avait de mauvais antécédents et qu'il n'avait pas fait d'introspection puisqu'il revendiquait ses propos. Il a donc révoqué un sursis qui avait été octroyé le 28 septembre 2020.

Lors de l'audience de jeudi, le prévenu a déclaré que « les termes choisis ont été pesés et réfléchis. Ma position n'a pas changé, c'est une action militante en faveur de la biodiversité », a-t-il expliqué. « Le tir d'un animal sauvage justifie bien le qualificatif d'assassin et de tueur », a-t-il ajouté en souhaitant que la notion d' « écocide », un crime contre la biodiversité, soit introduite.

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« Ligne rouge » franchie

La partie plaignante avait fait appel, car elle estimait qu'une « ligne rouge avait été franchie ». Selon elle, les chasseurs visés par les propos du prévenu sont bel et bien délimités, vu qu'ils sont au nombre de 325 dans le canton et que 85% d'entre eux demandent le renouvellement de leur permis chaque année.

À noter que le Ministère public avait requis une condamnation du prévenu à une peine pécuniaire de 45 jours-amende à 30 francs. Il n'était pas présent à l'audience en appel.

/ATS-lre


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