Accusations de mauvais traitements à la SPA du Locle

Des chats euthanasiés trop vite ou qui ne reçoivent pas de soins adaptés. Une ex-bénévole de ...
Accusations de mauvais traitements à la SPA du Locle

Des chats euthanasiés trop vite ou qui ne reçoivent pas de soins adaptés. Une ex-bénévole de la Société protectrice des animaux de la Mère commune dénonce les décisions de la directrice de l’institution

Les chats seraient euthanasiés trop vite à la SPA du Locle, selon l'ex-bénévole (photo prise par le témoin). Les chats seraient euthanasiés trop vite à la SPA du Locle, selon l'ex-bénévole (photo prise par le témoin).

La Société protectrice des animaux du Locle respecte-t-elle ses devoirs vis-à-vis des pensionnaires qu’elle recueille ou qui lui sont confiés ? Après sept ans passés à travailler au service des chats du refuge, une désormais ancienne bénévole, qui conserve l’anonymat, dénonce des pratiques jugées discutables.

Principale cible de ses critiques : la directrice et présidente de la SPA du Locle. Au sein de l’institution, c’est elle qui prend généralement les décisions, et après plusieurs années à travailler à ses côtés, celle qui a lancé l’alarme a plusieurs critiques à formuler.


Des traitements peu adaptés

La première, c’est que certains chats recueillis ou confiés à l’institution subissent parfois des traitements inadaptés. Jusqu’à aggraver leur état de santé, et parfois même jusqu’à la mort. Un exemple, parmi ceux cités par l’ancienne bénévole :

Autre exemple de négligence qui figure sur la liste de la lanceuse d’alerte : le cas d’un chat gravement sous-alimenté :

Deuxième critique formulée contre la responsable de la SPA du Locle : celle-ci aurait tendance à euthanasier les chats trop hâtivement, et sans prendre toutes les précautions d’usage.

Consulté à ce sujet, le chef du Service neuchâtelois de la consommation et des affaires vétérinaires, Pierre-François Gobat, relève que la loi suisse offre une large marge de manœuvre aux SPA et aux autres professionnels des soins aux animaux en ce qui concerne la décision de mettre à mort un animal. Le critère principal, c’est que l’euthanasie doit être pratiquée humainement, c’est-à-dire, en règle générale, qu’elle doit être confiée à un vétérinaire.


Des mises à mort jugées trop hâtives

En 2020, le comité de la SPA du Locle, l’organe qui supervise les décisions de la direction, s’était tout de même montré critique vis-à-vis des choix de la directrice en ce qui concernait les mises à mort des animaux. Ses membres avaient exigé d’être consultés avant chaque euthanasie.

Ça n’a pas été le cas, selon la lanceuse d’alerte, pour qui une récente décision unilatérale en ce qui concernait la mise à mort d’un chat a constitué la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. C’est à la suite de ce cas qu’elle a choisi de quitter la structure et de témoigner sur ce qu’elle avait vu :

Enfin, le troisième reproche est de nature administrative. Selon la témoin, la directrice ne signale pas systématiquement les animaux accueillis au registre national en ligne STMZ. Pourtant, une telle démarche est obligatoire. Elle permet par exemple aux maîtres qui ont perdu leur animal de retrouver sa trace, et donc d’intervenir avant qu’il ne soit mis à mort dans un refuge :

Une critique qui n’est pas isolée

Ce témoignage concerne les chats, parce que c’est principalement auprès d’eux que la bénévole a été engagée. Elle précise toutefois qu’il y a quelques années, à sa connaissance, plusieurs membres de l’équipe de la SPA du Locle qui s’occupaient des chiens ont également pointé du doigt des dysfonctionnements. Ils avaient préféré claquer la porte plutôt que continuer à s’associer à des pratiques qu’ils jugeaient discutables.

Une seconde source confirme une partie de ces critiques. Elle loue l’engagement de la responsable de la SPA en faveur des animaux. Mais elle juge elle aussi que les décisions de la directrice d’euthanasier des chats sont parfois hâtives et peu fondées. Cette personne dit également avoir vu des chats soumis à des mauvais traitements ou conservés dans des lieux peu adaptés. La responsable s’était montrée peu ouverte au dialogue au sujet de ces décisions.

Interrogés à ce sujet, plusieurs acteurs du secteur louent dans l’ensemble l’engagement et le travail positif fourni par la SPA du Locle pour le bien-être des animaux. Certains d’entre eux regrettent toutefois une approche un peu « à l’ancienne », ou un manque de professionnels au sein de la structure. Quant au Service neuchâtelois de la consommation et des affaires vétérinaires, il dit n’avoir reçu aucune plainte contre cette institution.

Contactée par notre rédaction, la directrice n’a pas souhaité faire de commentaire. /jhi


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