La fin des emprunts toxiques à La Chaux-de-Fonds

La Ville de La Chaux-de-Fonds s’apprête à clôturer l’épineux dossier de ses deux emprunts toxiques ...
La fin des emprunts toxiques à La Chaux-de-Fonds

La Ville de La Chaux-de-Fonds s’apprête à clôturer l’épineux dossier de ses deux emprunts toxiques. D’une valeur de 50 millions de francs, ils auront finalement coûté plus de 40 millions en intérêts à la collectivité publique

La Chaux-de-Fonds vue depuis Espacité. La Chaux-de-Fonds vue depuis Espacité.

Le livre de la saga des emprunts toxiques s’apprête à se refermer définitivement à La Chaux-de-Fonds. Mardi matin, le Conseil communal, via son chef des Finances Jean-Daniel Jeanneret, a livré le contenu du dernier paragraphe. Alors que l’un des emprunts arrive à échéance en 2022, une solution a été trouvée pour mettre fin au deuxième qui courrait jusqu’en 2029, à savoir : une indemnité de sortie versée de 4,1 millions de francs. L’évolution du contexte international aurait pu encore aggraver davantage les effets de cet emprunt sur la Ville.

Rappel du contexte: dans une situation financière délicate en 2007, avec un déficit de 12,7 millions de francs, la Ville, via son Conseil communal qui est compétent en la matière, avait fait le choix de conclure deux prêts financiers dits « structurés ». Le premier emprunt portait sur 20 millions de francs, le second sur 30 millions. Celui de 20 millions de francs causera le plus gros souci, avec des taux d'intérêt calculés via une formule intégrant la relation entre l'euro et le franc suisse. La crise financière de 2008 va faire s'apprécier la devise helvétique, la monnaie unique franchissant un cap fixé à 1,43 franc, contre 1,67 franc en 2007.

L'époque est encore celle du taux plancher de la BNS de 1,20 franc pour un euro, entre 2011 et 2015. Ensuite, l'euro décroche sous 1,10 franc pour dépasser à peine la parité aujourd'hui. Dès 2014 et la fin de taux bloqués, la Ville a dû payer huit échéances avec des taux d'intérêt élevés, Le second prêt présentait pour sa part un mécanisme moins défavorable.

Aujourd’hui, la Ville joue la carte de la prudence : « ce chapitre douloureux démontre qu’une autorité publique doit toujours rester extrêmement prudente dans sa politique financière », explique Jean-Daniel Jeanneret.

La provision de 22 millions de francs, constituée en 2015 et destinée à couvrir les risques liés à cet emprunt structuré, a été utilisée pour 20,7 millions pour l'emprunt de 20 millions et pour 1,3 million pour l'emprunt de 30 millions.

Jean-Daniel Jeanneret: « Nous avons aujourd'hui une visions sécurisée et protectrice de la dette »

Reste que la fin de ce chapitre ne résoudra pas d’un coup de baguette magique les problèmes financiers de la Métropole horlogère. La Ville présentera la semaine prochaine des comptes 2021 qui s’annoncent toujours déficitaires. /ats-lre


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