Hausse des coûts pour les vignerons neuchâtelois

Le monde viticole neuchâtelois est aussi touché par l’augmentation des prix des matières premières ...
Hausse des coûts pour les vignerons neuchâtelois

Le monde viticole neuchâtelois est aussi touché par l’augmentation des prix des matières premières. Bouteilles en verre et capsules sont plus difficiles à obtenir

Dimitri Engel, vigneron-encaveur à Saint-Blaise. Dimitri Engel, vigneron-encaveur à Saint-Blaise.

Verre, capsules, bouchons et étiquettes : les fournitures de cave, mais aussi les produits phytosanitaires coûtent toujours plus cher aux vignerons neuchâtelois. Dimitri Engel, vigneron-encaveur à Saint-Blaise, évalue la hausse entre 5 et 30% selon le matériel recherché. Cette inflation des matières premières remonte à plusieurs mois et s’accentue avec la guerre en Ukraine. Annie Rossi, régisseur-œnologue au Domaine Grisoni à Cressier, dresse un constat similaire et évoque des délais des livraisons qui se rallongent, notamment pour certaines bouteilles en verre pour lesquelles il faut compter six mois. « Du jamais vu », dit-elle. Morgan Meier du Domaine des Landions à Cortaillod observe lui aussi une augmentation du prix du verre de 14% ou des bouchons de 10% et dit, comme ses collègues, ne pas vraiment avoir de marge de manœuvre face aux fournisseurs.


Des répercussions sur le prix des bouteilles

Certains vignerons se sont ainsi résignés à répercuter une partie de cette hausse sur leurs prix. Dimitri Engel a par exemple augmenté d’un franc le coût de ses bouteilles. Selon lui, aussi bien sa clientèle privée que les restaurateurs qu’il livre font preuve de compréhension et de solidarité.

Dimitri Engel

L’inflation des matières premières vient surtout s’ajouter à un contexte déjà compliqué. Les vignerons sortent de deux années de Covid, également éprouvantes du point de vue de la météo. « On a eu deux demi-récoltes en 2020 et en 2021 », précise Dimitri Engel.

L’année 2020 a été marquée par la sécheresse, tandis que l’année dernière, les vignerons ont fait face à un excès d’humidité accompagné de son lot de maladies. « Au final, le nombre de bouteilles à vendre est divisé par deux, mais pas les coûts de production », ajoute Dimitri Engel.


Le Château d’Auvernier résiste aux pressions

Du côté des caves du Château d’Auvernier, on ne se laisse pas impressionner par la hausse des coûts des matières premières. Henri Aloys Grosjean, qui a repris les rênes de l’entreprise en début d’année, accueille froidement les fournisseurs qui tentent d’augmenter les prix. « On discute à l’avance de nos besoins et on a des contrats établis pour un ou deux ans pour de nombreuses fournitures. Un contrat pas tenu, c’est un contrat rompu », dit-il. Henri Aloys Grosjean dénonce l’opportunisme de certains fournisseurs en cette période de guerre en Ukraine :

Henri Aloys Grosjean

Henri Aloys Grosjean est prêt à chercher de nouveaux fournisseurs si la confiance n’est plus au rendez-vous. Il observe tout de même qu’il est plus difficile d’obtenir du verre. Les caves du Château d’Auvernier ont besoin de 380'000 à 400'000 cols par année, soit toutes formes de bouteilles confondues.

La ligne affichée vis-à-vis des fournisseurs est la même pour la clientèle : « Notre politique est de maintenir la même liste de prix tout au long de l’année », explique Henri Aloys Grosjean, qui invite tout entrepreneur à ne pas « se laisser faire par ses fournisseurs ». /sbe


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