Des lits d’hôpitaux utilisés par des personnes qui n’en ont plus besoin. Le Réseau hospitalier neuchâtelois doit actuellement composer avec la présence de 24 personnes qui, du point de vue sanitaire, pourraient sortir de l’hôpital, mais qui ne peuvent pas rentrer chez elle et qui attendent de trouver une place dans un EMS du canton.
En cette période de pandémie où la préservation de la capacité hospitalière est un enjeu crucial, cette problématique pèse sur le fonctionnement de RHNe.
Les homes sont toutefois bien remplis. Il reste actuellement 25 places disponibles dans les EMS du canton et ces places ne sont pas forcément adaptées aux besoins des 24 patients hospitalisés au RHNe, en attente d’un transfert. Il y a aussi des personnes fragilisées qui doivent parfois quitter leur domicile dans l’urgence pour rejoindre un EMS, même si un arrêté du Conseil d’État donne la priorité aux patients qui émanent du RHNe.
Aross, l’Association Réseau Orientation Santé Social, a pour mission d’épauler les institutions pour trouver des solutions, qui sont parfois temporaires. Sylvie Le Bail, responsable d’Aross :
Pour prendre en charge ces 24 patients en attente d’un transfert, le Réseau hospitalier neuchâtelois a dû créer une unité spéciale au Locle. Pascal Schmitt, directeur adjoint des soins au RHNe :
L’occupation de ces lits d’hôpitaux a aussi des répercussions sur l’activité hospitalière. Le RHNe est contraint de repousser certaines opérations. En moyenne, ces patients restent en attente neuf jours sur l’un des sites du Réseau hospitalier neuchâtelois.
Depuis plusieurs années, Neuchâtel réduit le nombre de lits en EMS pour favoriser le maintien à domicile. Le Canton reste encore au-dessus de la moyenne nationale en la matière, selon le Service de la santé publique. Pour les professionnels consultés, il manque aujourd’hui des places pour les courts séjours en EMS, qui seraient utiles pour décharger les hôpitaux. Yves Grosclaude, chef de l’Office du maintien à domicile et de l’hébergement au Service cantonal de la santé publique :
Pour Sylvie Le Bail, l’anticipation est le maître mot. L’Association Réseau Orientation Santé Social propose aux personnes âgées, même si elles sont encore bien portantes, de les accompagner dans leurs réflexions sur les années futures, afin d’éviter de devoir faire des choix difficiles dans l’urgence.
Le Grand Conseil neuchâtelois sera par ailleurs appelé à se prononcer prochainement sur un projet de Loi sur l’accompagnement et le soutien à domicile. Cet outil doit permettre de renforcer encore le maintien des aînés dans leur logis. /sbe









