Sylvio Bernasconi passera à la caisse

Condamné avec sursis après un grave excès de vitesse, l’entrepreneur a vu sa peine revue à ...
Sylvio Bernasconi passera à la caisse

Condamné avec sursis après un grave excès de vitesse, l’entrepreneur a vu sa peine revue à la hausse. La Cour pénale a révoqué le sursis et il devra s’acquitter d’une peine pécuniaire de 105'000 francs au total

L'ancien patron de Xamax avait circulé à 169 km/h sur l'A5 en 2020. (Photo d'illustration). L'ancien patron de Xamax avait circulé à 169 km/h sur l'A5 en 2020. (Photo d'illustration).

La peine de Sylvio Bernasconi alourdie. Flashé à 169 km/h au lieu de 120km/h sur l’A5 en 2020, l’homme d’affaires neuchâtelois avait été condamné avec sursis en mars dernier. Comme le Ministère public a fait appel de cette décision, l'ancien patron de Xamax a comparu mardi devant la Cour pénale du Canton de Neuchâtel. Résultat: le sursis est révoqué et Sylvio Bernasconi est condamné à payer 50 jours-amende à 2'100 francs, soit un total de 105'000 francs.


« À pied, vous avez le temps de réfléchir »

Mardi matin, Sylvio Bernasconi a plaidé sa cause devant les juges cantonaux. « Vous savez, quand vous faites une année sans permis et que vous allez à pied ou en train, vous avez le temps de réfléchir ». Déjà coutumier du fait, il a assuré que les excès de vitesse, c’était fini pour lui.

Mais si l’homme d’affaires s’est à nouveau retrouvé dans une salle d’audience, c’est que le Ministère public s’est agacé de sa première condamnation. Durant le procès, la procureure a fustigé ce qu’elle considère comme un énième sursis accordé par la justice neuchâteloise pour un grave excès de vitesse. Une décision qui ne « fait pas de bien à la Loi sur la circulation routière », à ses yeux, car elle n’aurait que peu d’effet dissuasif.


Déjà condamné

En effet, Sylvio Bernasconi a des antécédents. L’homme d’affaires avait déjà été condamné en 2017 par la justice bernoise pour un excès de vitesse similaire, mais cette fois sur une route cantonale. Selon le Ministère public, l’ancien patron de Xamax n’a jamais semblé vouloir changer de conduite et ne ferait preuve d’aucun remords. C’est pourquoi la procureure demandait que le sursis soit abandonné et que Sylvio Bernasconi s’acquitte des jours-amende.


Un SUV de 680 chevaux

L’homme d’affaires s’est défendu : « Je me considère comme un bon conducteur. Cet excès de vitesse, je l’ai fait sur l’autoroute et pas en ville ou devant une école. Je n’ai jamais été pincé avec de l’alcool au volant et je n’ai pas eu d’accident grave depuis 48 ans. Mais oui, parfois sur l’autoroute, je m’oublie un peu. »

Sylvio Bernasconi a aussi avoué qu’avec son SUV de 680 chevaux, il se sentait en sécurité. Mais questionné sur la puissance de son véhicule qui pourrait le pousser à récidiver, il a avancé qu’il allait tout faire pour s’améliorer et éviter ses « super » excès de vitesse. Mais il l’avoue : « je ne changerai pas. J’aime les grosses voitures. »


Aucun motif valable

La défense demandait que cet appel soit rejeté. Une requête qui n’a pas été suivie par la Cour. Selon les juges, Sylvio Bernasconi n’a donné aucun motif pour atténuer son excès de vitesse et il a une propension à rouler trop vite, en témoigne ses antécédents. Durant l’audience, l’homme d’affaires n’a pas non plus montré de volonté de vouloir s’amender. C’est pourquoi la Cour estime que son comportement pose un pronostic défavorable pour le futur et que le sursis n’est pas une mesure assez dissuasive.

Sylvio Bernasconi devra donc s’acquitter d’une somme qu’il juge démesurée par rapport à son délit. Une peine pécuniaire qui, rappelons-le, est calculée au prorata de son revenu. Très critique envers la sévérité de la Loi sur la circulation routière, l’entrepreneur a déclaré : « La loi est mal faite, et quand une loi est mal faite, il faut la changer ». Mais la LCR aura finalement eu le dernier mot. 

Les parties ont 30 jours pour faire appel. /jha


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