Valoriser auprès des consommateurs des poissons lacustres souvent oubliés : cette démarche avait été initiée il y a près de deux ans par l’Association suisse romande des pêcheurs professionnels en collaboration avec l’Ecole hôtelière de Lausanne, qui avait pour l’exemple mitonné quelques recettes à base de gardons et de tanches.
Avec le recul, cette initiative n’a manifestement ni séduit les consommateurs ni les pêcheurs professionnels du lac de Neuchâtel.
Bonne idée mais
En soi l’idée est généreuse, elle viserait à diminuer la pression de pêche sur des espèces très demandées, perche ou palée. Mais elle doit aussi offrir une source de revenus supplémentaires à une profession mise à mal. Pêcheur à Bevaix, Olivier Junod relève qu’il n’existe pas de mauvais poissons et que tous méritent d’être mangés. Sauf que du poisson blanc, gardon, brême ou carpe par exemple, il n’y en a plus beaucoup.
Olivier Junod
Même constat pour Claude Delley, professionnel depuis 40 ans à Portalban. Il souligne également que la demande du consommateur reste très faible et que la matière première fait bien défaut : « Aujourd’hui, si je peux pêcher cinq kilos de vengerons par semaine, c’est un maximum ».
Retraité actif à Auvernier, Denis Junod se souvient, lui, de « pêches miraculeuses » de poisson blanc, dont on ne savait que faire. Celui-ci était vendu à l’armée qui en faisait des conserves et de la pâte à tartiner.
Denis Junod
Il ne convient pas non plus de noircir complètement le tableau. Parmi ces poissons lacustres injustement boudés par le consommateur, il y a au moins une espèce qui se porte bien, selon Denis Junod, le silure.
Le silure barbote des canetons
Silure ou pas, en réalité la principale question que l’on pourrait à nouveau se poser aujourd’hui : la pêche professionnelle sur le lac de Neuchâtel nourrit-elle son homme ? /mne










