Chanvrier du Val-de-Travers à nouveau jugé

Nouveau passage devant la justice pour un cultivateur de chanvre du Val-de-Travers. L’homme ...
Chanvrier du Val-de-Travers à nouveau jugé

Nouveau passage devant la justice pour un cultivateur de chanvre du Val-de-Travers. L’homme a fait appel de sa condamnation de 24 mois de prison ferme, prononcée l’année dernière. Des plants de cannabis et des armes avaient été saisies par la police en 2018

L'accusé avait été saisie de 837 plants et environ 24 kilos de cannabis conditionnés dans des sachets pour la revente. (Photo libre de droit) L'accusé avait été saisie de 837 plants et environ 24 kilos de cannabis conditionnés dans des sachets pour la revente. (Photo libre de droit)

Un cultivateur neuchâtelois de chanvre, accusé d'infraction grave à la loi sur les stupéfiants et d'infraction à celle sur les armes et condamné à 24 mois de prison ferme en première instance, a été jugé mercredi par la Cour pénale. Le prévenu n'est pas coupable de trafic par métier, selon la défense.

Contrairement au jugement de septembre 2020 du Tribunal du Littoral et du Val-de-Travers, « il n'est pas établi qu'il y ait eu de vente de cannabis, à part les graines », a déclaré Richard Calame, avocat de la défense. Le prévenu, âgé de 59 ans, a reconnu qu'il avait vendu 50'000 graines à 20 centimes pièce à une personne dont il n'a pas voulu révéler l'identité.

L'accusé a expliqué qu'il faisait de la graine, mais pas du cannabis. Dans un second temps, il voulait se lancer dans la graine pour faire du cannabis légal (CBD).

Lors d'une intervention en octobre 2018, la police neuchâteloise a découvert à St-Sulpice une culture de chanvre indoor sur plusieurs sites. Pas moins de 837 plants avaient été saisis, ainsi qu'environ 24 kilos de cannabis conditionnés dans des sachets pour la revente.

« Je ne sais pas ce que je voulais faire » du cannabis qui a été retrouvé conditionné en sachets par terre, a ajouté le prévenu. « J'aurais mieux fait de tout foutre loin ».


Antécédents

Le procureur Fabrice Haag, qui avait été suivi en première instance avec une peine fixée à 24 mois ferme, a rappelé que le prévenu avait des antécédents car il avait été notamment condamné en 2005 à 27 mois de prison pour une précédente affaire de marijuana. « C'est un homme redoutable qui aime transgresser les règles et qui pratique une certaine omerta, quand il est confronté à des preuves », a déclaré le procureur.

Selon le Ministère public, l'infraction par métier est bel et bien réalisée. « C'est une véritable infrastructure qui a été mise en place. Il consacrait du temps à sa culture de chanvre, avait engagé du personnel (...) et pouvait escompter un chiffre d'affaires largement supérieur à 100'00 francs ».

En première instance, le Tribunal avait également relevé un concours d'infractions, avec la violation sur les armes. Selon l'acte d'accusation, 146 armes avaient été retrouvées chez l'accusé sans autorisation de détention et 107 armes manquaient à l'appel.


Pas de vente d'armes

« Contrairement à ce que dit le procureur, je ne les ai pas vendues. Dans ma vie, j'ai vendu une seule arme à un collectionneur car je l'avais à double et j'en ai prêté une, il y a 20 ans, à une personne (...) qui s'en est malheureusement servi pour commettre un meurtre ».

L'accusé a expliqué que la police a su que 107 armes manquaient à l'appel car elles avaient été enregistrées. « Mes armes sont entreposées comme il faut, mais je ne veux pas dire où elles sont », a ajouté le prévenu, qui a peur qu'elles ne soient saisies et détruites.

Les culasses des armes automatiques et les armes de poing sont dans un coffre-fort. Actuellement, « toutes mes armes, y compris celles que je n'aurais pas besoin de déclarer, le sont », a expliqué le quinquagénaire. « Je suis 100% en conformité ». L'accusé en a annoncé 460 dernièrement.

Pour la défense, le prévenu, qui peut être considéré comme un collectionneur même s'il n'en a pas le statut, n'a pas commis d'infraction à la loi sur les armes. Une peine de prison avec sursis est demandée, ainsi que la non-destruction des armes saisies.

« Le rapport de police en lien avec les armes est alarmant », a rétorqué le procureur. Les policiers ont continué à chercher les 107 armes qui manquaient et pour lesquelles il n'y avait aucun document les répertoriant. Même si l'accusé ne les a pas vendues, « il a certainement transféré la possession temporaire à un tiers » pour les planquer, a expliqué Fabrice Haag.

Le verdict sera rendu par écrit ultérieurement. /ATS-tbu-swe


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus