Vaste trafic de cocaïne devant la justice

Un homme de 45 ans comparaissait jeudi devant le Tribunal criminel à Neuchâtel. Il est notamment ...
Vaste trafic de cocaïne devant la justice

Un homme de 45 ans comparaissait jeudi devant le Tribunal criminel à Neuchâtel. Il est notamment accusé d’avoir écoulé environ 2 kg de cocaïne. Le prévenu conteste tout en bloc

L'homme a comparu jeudi devant le Tribunal criminel à l'Hôtel de Ville de Neuchâtel.  L'homme a comparu jeudi devant le Tribunal criminel à l'Hôtel de Ville de Neuchâtel. 

Grand trafiquant ou victime facile à désigner ? Voilà les deux faces du même personnage qui ont été dépeintes ce jeudi devant le Tribunal criminel à Neuchâtel. Un homme de 45 ans devait répondre d’infraction grave à la Loi fédérale sur les stupéfiants, ainsi que d’infractions à la Loi sur la circulation routière. Il est accusé d’avoir acquis et vendu environ 2 kg de cocaïne entre 2014 et 2017. Le chiffre d’affaires est estimé entre 121'000 et 136'000 francs. L’homme aurait aussi écoulé entre 200 et 300 grammes de haschich et 10 grammes de speed.

L’acte d’accusation fait par ailleurs état de délits de chauffard, d’excès de vitesse, de conduite sans permis et d’usage de faux dans les certificats. Le prévenu conteste l’ensemble des faits qui lui sont reprochés.


Revirement d’un témoin

Selon la procureure, l’accusé était le fournisseur principal d’au moins trois clients sur les neuf personnes qui ont témoigné contre lui. L’un de ces témoins, appelé à la barre lors de l’audience, a toutefois modifié sa version. Alors qu’il avait désigné l’accusé comme son principal fournisseur il y a quatre ans, l’homme a déclaré devant la Cour qu’il n’en était rien et que son fournisseur était une autre personne dont il ne pouvait pas livrer l’identité par peur de représailles.

Le Ministère public a de son côté dépeint le prévenu comme quelqu’un qui a appris à connaître les techniques de la police et qui a mis en place des stratégies pour les contourner en évitant de téléphoner, en changeant régulièrement de portable et de numéro et en fournissant des téléphones à ses clients avec des cartes SIM attribuées à des identités bidons. La procureure a mis en avant le fait que les quantités de drogue écoulées représentaient plus de 50 fois le cas grave, placé à 18 grammes purs de cocaïne. Tout au long de ce réquisitoire, l'homme a plusieurs fois hoché la tête en signe de négation. 


Un dossier vide de preuves pour l'avocat de la défense

L’avocat du prévenu estime de son côté que le dossier n’est que du vent et qu’aucune preuve ne vient confirmer ces accusations. À ses yeux, tout repose sur des témoignages sujets à caution. Le revirement de l’un des témoins en est l’illustration, selon lui. Rien ne permet de relier son client à ce trafic. Pour l’avocat, la police n’a jamais réussi à identifier la personne à qui étaient adressés les SMS des consommateurs. Les clients, eux-mêmes sous enquête, avaient tout intérêt à dénoncer le prévenu comme leur fournisseur pour alléger leur propre peine et la police les aurait ardemment incités à désigner son client, qui lui a fait preuve de constance dans ses allégations, en réfutant perpétuellement tout en bloc.

Pour l’avocat de l’accusé, il en va de même pour les infractions à la Loi sur la circulation routière. Les photos prises par les différents radars ne permettent pas de reconnaître l’accusé qui prêtait ses véhicules à certains de ses employés temporaires, dont l’un aurait été en possession d’un faux permis de conduire.

La procureure a quant à elle attiré l’attention sur un délit de chauffard. L’homme aurait roulé à 140 km/h au lieu de 80 km/h sur la H10 à Couvet. L’acte d’accusation fait aussi état d’une course-poursuite à Colombier au cours de laquelle l'homme a réussi à se soustraire à un contrôle de police, en passant par la zone 20 km/h sans respecter la limitation de vitesse. Pour le Ministère public, l’homme était reconnaissable dans au moins 3 cas sur la dizaine d’infractions constatées. La procureure requiert une peine de 4 ans et demi ferme et la confiscation de montants éparpillés sur plusieurs comptes.

Quant à l’avocat de la défense, il appelle la Cour à libérer son client des accusations qui pèsent sur ses épaules, faute de preuves. Le jugement sera rendu jeudi prochain. /sbe


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