Rapport très sévère sur la pisciculture d'Estavayer-le-Lac

La Commission d'enquête parlementaire (CEP) ad hoc porte un regard très sévère sur le projet ...
Rapport très sévère sur la pisciculture d'Estavayer-le-Lac

La Commission d'enquête parlementaire (CEP) ad hoc porte un regard très sévère sur le projet de construction de la pisciculture d'Estavayer-le-Lac. Elle juge « inexcusable l'incurie témoignée tant par le Conseil d'Etat que par les directions et acteurs concernés »

La Commission d'enquête parlementaire juge « inexcusable l'incurie témoignée tant par le Conseil d'Etat que par les directions et acteurs concernés » envers le projet de pisciculture à Estavayer-le-Lac. (Photo d'archives) La Commission d'enquête parlementaire juge « inexcusable l'incurie témoignée tant par le Conseil d'Etat que par les directions et acteurs concernés » envers le projet de pisciculture à Estavayer-le-Lac. (Photo d'archives)

Le gouvernement doit prendre les mesures qui s'imposent pour éviter la répétition d'une « telle déconvenue » (ndlr: ardoise finale de près de 2,3 millions), a dit lundi à Granges-Paccot le député UDC Roland Mesot, président de la CEP. Celle-ci a transmis son rapport au Grand Conseil afin que le plénum puisse en prendre acte en octobre.

Le document met en lumière une série de manquements dus à un défaut de structures dans la conduite et à des mauvais choix, a détaillé Roland Mesot. Par exemple, en 2012, une entreprise d'installations sanitaires a remplacé l'ingénieur du début. Un choix qui souligne « l'absence constante de spécialistes », a précisé le député veveysan.

Une erreur a aussi été commise avec la décision de pomper l'eau du lac pour les bassins d'alevinage. Celle-ci contenait du sable et sa température était trop élevée. Roland Mesot a parlé d'un « désastre » sans cahier des charges. « Deux millions de francs, c'est quand même des sous pour le contribuable », a précisé le président de la CEP.


Redémarrer la pisciculture

A l'avenir, la commission propose de renforcer le travail en amont afin d'établir le coût réel d'un investissement. Le chantier de la pisciculture d'Estavayer-le-Lac a nécessité une rallonge de 500'000 francs, soit un quart du crédit initial. « Il n'y a pas eu de malhonnêteté, mais une faillite collective », a relevé Roland Mesot.

Au-delà, la CEP recommande le redémarrage de l'installation. « Ou plutôt le démarrage », a noté le député du Centre Eric Collomb, son vice-président, « vu qu'elle n'a jamais servi ». Le Conseil d'Etat avait évalué son coût à 1,5 million, privilégiant du coup d'investir la somme pour travailler avec la pisciculture de Colombier.

Selon Eric Collomb, il faudrait un montant « net » d'un million pour une mise en service, surtout que le concordat intercantonal (avec NE et VD) demande la présence d'une pisciculture sur la rive sud du lac de Neuchâtel. Par ailleurs, le député broyard a fustigé le choix du bureau du Grand Conseil de traiter la motion populaire en novembre.


Fin de législature

Déposée en février 2020, au moment du vote animé de l'instauration d'une CEP par le Grand Conseil, elle avait recueilli plus de 2400 signatures. De plus, « la session de novembre est la dernière de la législature actuelle » dans le canton de Fribourg. Eric Collomb a dénoncé une volonté « d'enterrer le cadavre dans le jardin ».

La CEP laisse à l'exécutif cantonal la liberté d'entreprendre les démarches en matière de responsabilité civile, pénale ou administrative. Dans sa réaction, le Conseil d'Etat constate que les conclusions confirment « pour l’essentiel l’analyse qu’il a lui-même menée dès la connaissance des dysfonctionnements de la pisciculture ».

« Les lacunes en matière d’organisation ont été et/ou sont en passe d’être résolues depuis », a argumenté le gouvernement dans un communiqué. S’agissant de la remise en état de la pisciculture, des analyses complémentaires seront nécessaires, estime-t-il, le mandat et les travaux de la CEP n’ayant porté que sur la question des coûts.

Roland Mesot et Eric Collomb ont regretté la réaction du Conseil d'Etat, le second se disant même « choqué ». « Ces dernières années, les dépassements de crédit pour divers chantiers n'ont pas manqué », a insisté Eric Collomb, pour qui il est temps d'y pallier. La CEP a tenu 33 séances plénières et auditionné douze personnes. /ATS-tbu


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