Un voleur en détresse

Un homme a comparu jeudi devant la Cour pénale à Neuchâtel. Il avait été condamné en janvier ...
Un voleur en détresse

Un homme a comparu jeudi devant la Cour pénale à Neuchâtel. Il avait été condamné en janvier pour vol. L’état émotionnel du prévenu a mis fin à l’audience de manière précipitée. L’affaire a été renvoyée en première instance après une évaluation psychiatrique

(Photo libre de droits : illustration). (Photo libre de droits : illustration).

C’est un homme seul et brisé qui a comparu jeudi devant les juges de la Cour pénale à Neuchâtel. Le prévenu de 33 ans a été condamné en janvier en première instance pour vol en bande et par métier. Avec deux complices, dont son frère jumeau, il aurait commis plusieurs larcins en Suisse en 2019. Dans la région, le groupe de malfrats aurait notamment dérobé des sacs à main et des téléphones portables à Neuchâtel, Auvernier ou encore La Tène. Le prévenu avait alors écopé d’une peine de huit mois de prison avec sursis pendant trois ans. Son avocate avait fait appel de cette décision en insistant sur la fragilité psychologique de son client et sur l’influence néfaste de son frère.


Un homme très vulnérable

Le déroulement de l’audience est venu appuyer l’argument de la défense. En préambule, l’avocate a justifié son recours par les troubles psychiatriques qui empêchent son client d’avoir conscience de ses actes. « Il est pénalement irresponsable », a-t-elle affirmée d’emblée. Le prévenu souffrirait de schizophrénie, une maladie psychique qui aurait été provoquée par une blessure sévère infligée à la tête il y a trois ans, lors d’une manifestation politique dans son pays d’origine.

La défense a également pointé du doigt le frère jumeau de son client, qui aurait profité largement de sa fragilité. C’est lui qui l'aurait poussé à venir en Suisse pour fuir une prétendue répression politique, et qui l'aurait convaincu de voler, « mais seulement par nécessité » a-t-il précisé. D’après lui, il n’avait pas d’autre choix pour se nourrir.

Aujourd’hui, il regrette profondément ses actes. « Ma vie est gâchée », s’est-il lamenté. Il a même affirmé avoir demandé à plusieurs reprises une injection létale lors de son passage dans un hôpital psychiatrique « pour en finir une bonne fois pour toute ».


Larmes et fin d’audience

Interrogé sur son frère, qui aurait été renvoyé en Allemagne, ses sentiments sont partagés. « Je lui en veux, mais il me manque, car c’est mon frère ». Le prévenu s’est alors effondré en larmes en se confondant en excuses auprès des magistrats. L’homme, qui comparaissait devant la Cour sédaté, a réclamé un anxiolytique pour pouvoir se calmer. L’audience a ainsi été suspendue vingt minutes pour clarifier la situation avec son médecin. A la reprise de la séance, l’accusé ne semblait plus en état de poursuivre les interrogatoires. Les juges ont immédiatement convenu avec la défense de procéder à une nouvelle expertise psychiatrique et de renvoyer l’affaire en première instance pour un nouveau jugement. /dsa


 

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