Le prix du bois continue toujours de s’envoler sur la planète. Alors que les coûts ont doublé en Suisse et dans l’Arc jurassien, la demande est telle que les délais de livraison sont désormais aux alentours de février
Le bois toujours victime de son succès. Depuis la fin de l’année dernière, les prix ont augmenté de manière exponentielle au niveau mondial en raison de la très forte demande venue des États-Unis et de Chine. Résultat, le bois d’exportation produit en Europe a vu son prix être multiplié par deux, voire trois. Si la Suisse et l’Arc jurassien ont mis plusieurs mois à adapter leurs tarifs, ceux-ci rejoignent désormais ceux des pays voisins. Ce sont aussi les délais qui posent problème. Si vous voulez construire votre maison avec du bois de la région, vous devrez déjà payer le double des montants pratiqués l’année passée et surtout attendre le mois de février 2022 pour être livré.
De 450 francs à 1'200 francs en quelques mois
Côté chiffres, pour un mètre cube de bois lamellé-collé qui revenait encore il y a quelques mois à 600 francs en Suisse, les prix atteignent désormais le millier de francs dans la plupart des cas. Traditionnellement moins onéreux, le même produit importé d'Allemagne ou d'Autriche se négocie aujourd'hui entre 1'000 et 1'200 francs alors qu’il se vendait aux alentours de 450 francs en début d'année.
Le président de l'Industrie du bois Suisse romande, Gaspard Studer
De son côté, la Chine a aussi commencé à importer du bois européen de manière exponentielle à la suite de l’interdiction de l'abattage commercial de ses propres forêts pendant 99 ans. Cette soudaine demande de l’Empire du Milieu et les moyens financiers mis à disposition ont comme conséquence de faire flamber les prix.
Tout augmente dans la construction
Au début de l’année, tous les producteurs de bois suisse n’ont pas tout de suite adapté leurs tarifs comme les voisins allemands et autrichiens. La matière première s’est alors retrouvée moins chère que celle de la concurrence, mais disponible en quantité limitée. En effet, les scieries du pays n’ont pas assez de capacité de production pour répondre à la demande actuelle.
Finalement, le prix du bois a aussi subi une augmentation dans le pays ces derniers mois. Il en va de même pour les autres matériaux comme le cuivre ou la ferraille.
La situation climatique inquiète
Concernant la gestion des forêts, la situation climatique ne laisse pas vraiment place à l’optimisme. Entre les incendies qui ont ravagé la côte ouest des États-Unis, l'Italie, la Sibérie ou encore la Scandinavie, les pertes de bois sont grandes. Cette situation, couplée à une infestation de bostryche qui a suivi les années 2018 et 2019, fait que l’industrie est à flux tendu. En conclusion, si la filière du bois ne s’est jamais aussi bien portée, la situation a de quoi laisser songeur pour l’avenir des forêts de Suisse et d’Europe. /jha









