Une éventuelle infraction à la Loi sur l’égalité devant la justice

Une ancienne employée d’un fast-food du Littoral neuchâtelois estime avoir été lésée dans une ...
Une éventuelle infraction à la Loi sur l’égalité devant la justice

Une ancienne employée d’un fast-food du Littoral neuchâtelois estime avoir été lésée dans une procédure de promotion en raison de son mariage

Le Collectif neuchâtelois pour la grève féministe est venu apporter son soutien à la plaignante lundi devant l'Hôtel de Ville de Neuchâtel. Le Collectif neuchâtelois pour la grève féministe est venu apporter son soutien à la plaignante lundi devant l'Hôtel de Ville de Neuchâtel.

Une jeune femme a-t-elle été désavantagée dans sa carrière en raison de son mariage ? C’est la question que devra trancher le Tribunal civil à Neuchâtel. Une ancienne employée d’un fast-food du Littoral a saisi la justice. Elle a dénoncé une infraction à la Loi sur l’égalité lors d’une audience qui s’est tenue ce lundi après-midi à l’Hôtel de Ville.

Cette jeune femme de 23 ans estime avoir été écartée d’une potentielle promotion comme manager en février 2020 parce que son mariage se profilait pour l’été. La gérante du restaurant lui aurait fait comprendre que son supérieur craignait une possible maternité après cette union. L’éventuelle promotion tombait dès lors à l’eau dans ce contexte. « Si tu étais un homme, on ne parlerait pas de cette situation », aurait ajouté la gérante.

La plaignante a cherché des explications à ces propos. Elle dit s’être retrouvée seule face à trois personnes, dont ses supérieurs, au milieu du restaurant, parmi les clients, pour cette réunion. Ses interlocuteurs auraient par ailleurs évité de répondre à ses questions.

La jeune femme s’est tournée dès le début vers les ressources humaines de la chaîne de restauration avant de porter le cas devant la justice.


Deux versions diamétralement opposées

Durant l’audience, aussi bien la gérante, appelée comme témoin, que le supérieur ont assuré n’avoir jamais tenu de tels propos. Pour le supérieur, entré en fonction peu avant les faits, il s’agit d’un malentendu. Il regrette que la plaignante se sente blessée mais ne voit pas d’autres explications. « Si je n’engageais pas de femmes, je pourrais fermer mes restaurants », a-t-il déclaré, ajoutant que ces accusations étaient injustes et à l'opposé de ses valeurs. Le manque d’expérience de la jeune femme a été le critère déterminant pour l’écarter d’une promotion, selon lui.

L’employée a donné sa démission quelques jours après les discussions du mois de février. « Je ne pouvais plus continuer de travailler en sachant que mon supérieur ne m’offrirait pas de promotion sous prétexte que je me marierais ou aurais des enfants », a-t-elle déclaré.

Il revient maintenant à la justice de déterminer s’il y a eu violation de l’interdiction de discriminer en matière de promotion. Les avocats ont dix jours pour soumettre leur plaidoirie par écrit et le jugement sera également rendu ultérieurement sous forme écrite. /sbe


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