Couple infernal devant la justice, lundi à La Chaux-de-Fonds. Une sorte de Bonnie and Clyde, la violence en moins. Durant trois ans, entre juin 2016 et mai 2019, ces deux trentenaires ont escroqué ou tenté d’escroquer des privés, des entreprises et des institutions pour un montant total de presque un demi-million de francs. La liste des plaignants affiche une quarantaine de noms.
Actifs en Suisse romande
Le terrain de jeu du couple couvrait pratiquement tout le territoire de la Suisse romande. Parmi les victimes il y a des proches, des marchands de vélo, des cuisinistes, des détaillants, des professionnels du bâtiments, des banques spécialisées dans le crédit, des petits commerçants ou des stations-services.
C’est le mensonge qui permettait au duo d’obtenir ce qu’il souhaitait. Les deux prévenus doivent répondre d’escroquerie par métier.
La femme est en plus accusée d’instigation. Son conjoint, qui a dit durant l’audience lui avoir voué un grand amour, aurait été sous sa coupe durant toute la durée de leurs activités criminelles.
Réquisitoire et plaidoiries
Dans son réquisitoire, la procureure a souligné que la prévenue commettait des escroqueries depuis bientôt dix ans. Elle a été condamnée avec sursis pour des faits similaires en 2017 et se trouve actuellement en détention provisoire toujours pour les mêmes raisons. À son encontre, la représentante du Ministère public a requis six ans de prison et la révocation du sursis.
Concernant l’homme, la procureure s’est dite convaincue qu’il se trouvait sous l'emprise de sa conjointe. Elle a demandé trois ans de prison dont six mois ferme.
Les deux avocats de la défense se sont attachés dans leur plaidoiries à remettre en cause l’escroquerie par métier. Ils ont estimé que les plaignants qui ont accepté de remettre au couple, sur factures, diverses marchandises pour des montants importants auraient dû se méfier et vérifier leur solvabilité, notamment lorsque les deux prévenus se présentaient comme le directeur et la secrétaire d’une entreprise. « On ne peut pas retenir l’astuce quand on a face à soi des professionnels de la vente et des montants si élevés », a souligné un des mandataires.
L’avocat de la femme a demandé une peine compatible avec la détention avant jugement, éventuellement un sursis partiel et la non-révocation de celui prononcé en 2017. Selon lui, il faut tenir compte des perspectives d’avenir de sa cliente. La prévenue, qui suit toute une série de thérapie, est mère d’une fillette placée en foyer, et enceinte de son second enfant.
Le mandataire de l’homme a requis une peine compatible avec un sursis, soulignant l’emprise sous lequel son client s’est trouvé entre 2016 et 2019. Il a également mis en exergue sa situation personnelle stabilisée et son casier judiciaire vierge.
La Cour rendra son jugement mardi à midi. /cwi









