Etat d’hypothermie au Centre de Perreux

Un requérant d’asile a été admis ce week-end aux urgences du RHNe après avoir été placé en ...
Etat d’hypothermie au Centre de Perreux

Un requérant d’asile a été admis ce week-end aux urgences du RHNe après avoir été placé en « cellule » de dégrisement. Le Ministère public a ouvert une instruction

Le Centre fédéral de requérants d'asile de Perreux fait l'objet d'une dénonciation. Le Centre fédéral de requérants d'asile de Perreux fait l'objet d'une dénonciation.

Un requérant d’asile de Perreux a été admis samedi en fin de journée en état d’hypothermie avancé aux urgences du Réseau hospitalier neuchâtelois à Neuchâtel. Selon nos informations, l’homme, qui était alcoolisé, a été placé par les agents de Protectas dans une cellule de dégrisement dans un container du Centre fédéral. Habituellement, ces lieux ne sont chauffés que quand ils sont utilisés.

Après une durée qui n’a pas pu nous être confirmée, l’homme a été pris d’un malaise. C’est à ce moment que les agents de Protectas ont appelé l’ambulance. Lorsque le requérant est arrivé à l’hôpital, son corps affichait une température de 33 degrés, contre 37 degrés en temps normal. Le Ministère public a ouvert une instruction pour déterminer les circonstances de cet incident.

Nous avons joint Protectas pour lui permettre de donner sa version des faits. N’étant pas autorisée à divulguer des informations dans le cadre de ses mandats, l’entreprise nous renvoie vers son client, à savoir le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM).


Le Service des migrations confirme

Le SEM confirme par mail « l’ouverture d’une enquête concernant trois requérants dont l’un a été vu en consultation médicale ». Il précise « que tout local du centre destiné à l’hébergement ou à l’administration est pourvu d’un chauffage. » Le SEM précise encore que « l’enquête étant en cours, il attend les résultats pour pouvoir se prononcer sur les circonstances exactes des faits. »

Ce n’est pas la première fois que Protectas fait l’objet de critiques. Des affaires similaires sont en cours dans le canton de Fribourg à la suite de violences envers des requérants d’asile du Centre fédéral de Giffers. Contrairement au cas de Perreux, plusieurs demandeurs d’asile ont porté plainte, des plaintes qui ont été suivies par des contre plaintes de la part de Protectas. L’affaire est toujours en cours.


L'Association Droit de rester n'est pas surprise

Pour l’Association droit de rester Neuchâtel, l’affaire de Perreux n’est pas une surprise. Elle a déjà eu vent « de personnes placées à l’isolement dans des endroits assez sordides ». Selon Louise Wehrli, les agents de Protectas se permettent beaucoup de choses. Les sanctions qu’ils infligent aux requérants, comme la mise en isolement, ne doivent être justifiées que par un simple rapport au SEM. Rapport qu’ils chargent, selon Droit de rester, pour légitimer ces mises en cellules disproportionnées en comparaison aux faits reprochés. Pour elle, il faudrait une réponse thérapeutique et sociale pour ces migrants et non disciplinaire ou de répression.

La décision d’attribuer la sécurité du Centre de Perreux et de Giffers à Protectas a été prise par le Secrétariat d'Etat aux migrations. Elle est entrée en force en janvier 2020./sma


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