La réforme fiscale se poursuit dans le canton de Neuchâtel. Entrée en vigueur le 1er janvier 2020, elle a pour but de rendre plus compétitif le canton vis-à-vis de ses voisins.
La première phase a eu lieu l’année passée avec, entre autres, l’abaissement du barème général d’imposition. Ainsi, tous les contribuables ont pu profiter d’une réduction de la charge fiscale. Deux autres mesures ont également été introduites en 2020 : la baisse de la valeur locative et l’adaptation des frais de déplacement. Celles-ci n’ont pas pu être appliquées lors de l’établissement des acomptes, principalement pour des raisons techniques. En revanche, elles seront introduites lors de la taxation et prendront donc effet dans le décompte 2020.
Baisse du taux de splitting
Depuis le 1er janvier 2021, la réforme fiscale est entrée dans sa deuxième phase. Si tous les Neuchâtelois vont payer moins d’impôts, les familles actives et monoparentales se voient grandement favorisées, notamment par une nouvelle mesure : la baisse du taux de splitting. Depuis cette année, il passe de 55% à 52%. Concrètement, un couple qui totalise un revenu de 100'000 francs sera désormais taxé sur un revenu de 52'000 francs.
Rappelons que le splitting a été introduit pour soutenir les familles. Il suit le principe qu’à revenu égal, un couple marié doit payer moins d’impôts qu’un célibataire, puisque deux personnes doivent vivre de cet argent. Et cela concerne aussi les familles monoparentales, qui conservent le barème de « marié ».
Le paramètre « Covid »
Malgré la crise sanitaire, le Service cantonal des contributions ne s’attend pas à devoir effectuer un grand nombre de remboursements sur la base des acomptes 2020. L’année passée déjà, il avait encouragé les contribuables à adapter leurs tranches en cas de difficultés financières. Le gros des restitutions devrait concerner les indépendants. Le Service des contributions n’a pas prévu de surcharge de travail particulière. Ainsi, les décomptes 2020 ne devraient pas prendre de retard.
Le soutien de l’État
La réforme fiscale pouvait difficilement prévoir une pandémie mondiale aux conséquences financières désastreuses. Compte tenu des fonds engagés pour soutenir les entreprises et les particuliers durant la crise sanitaire, il est pertinent de s’interroger sur la viabilité et le maintien de la réduction de la charge fiscale. Contacté à ce sujet, le conseiller d’État en charge des finances Laurent Kurth a réaffirmé le soutien du Gouvernement à cette réforme. Il affirme qu’elle « constitue pour le gouvernement un élément clé du retour à un climat favorable dans notre canton et à son attractivité ».
En outre, le Grand Conseil a suivi l’avis du Conseil d’État cette semaine, en refusant clairement une proposition de remise en question rétroactive de l’introduction de la réforme. /dsa
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