La pandémie prive bon nombre de personnes de leur passion. A l’image des supporters qui sont contraints de suivre à distance les performances de leur équipe favorite. Le public fait partie du spectacle sportif et son absence se remarque. Les joueurs le ressentent et les fans les plus fervents sont en manque d’émotions. Les matches de hockey sur glace et de football ont perdu de leur saveur sans les « kop » qui animent et colorent les enceintes sportives à travers leurs chants, tifos et autres drapeaux.
Des secteurs d’un stade ou d’une patinoire où l’on demeure debout et qui sont des lieux de partage, d’embrassades et d’accolades. Une proximité rendue impossible aujourd’hui par la pandémie. C’est donc pour cette raison que même lorsque les rencontres pouvaient se disputer avec du public en octobre, les groupes de supporters du HC La Chaux-de-Fonds et de Neuchâtel Xamax, mais aussi de toute la Suisse, ont décidé de mettre leurs activités en sommeil. Un crève-cœur pour les membres la Tribune 1919, qui soutiennent le HC La Chaux-de-Fonds.
Lionel, président de la Tribune 1919
Les « kop » sont les metteurs et moteurs d’ambiance au sein d’une enceinte sportive. Ils poussent le reste du public à donner de la voix, à transcender l’équipe. Et pour un footballeur ou un hockeyeur, le rêve consiste à faire lever les foules. Jouer devant des gradins vides n’engendre donc pas la même émotion, comme le relève le défenseur du HCC, Arnaud Jaquet.
Arnaud Jaquet, défenseur du HCC
Le Centre International d'étude du sport, basé à Neuchâtel, a réalisé une étude sur l’impact du huis clos lors des matches de football. Raffaele Poli, responsable de l’observatoire du football au CIES, explique avoir constaté une petite baisse du nombre de victoires à domicile mais pas très significatives, ce qui peut être expliqué par l’absence du public. Mais l’avantage de jouer dans son stade demeure quand même, les équipes recevantes gagnent plus que celles qui évoluent à l’extérieur, notamment parce qu’elles connaissent leur terrain, leur stade.
Les passionnés sont donc contraints de suivre leur équipe derrière un téléviseur ou une radio, mais l’émotion n’est pas la même, souligne Raffaele Poli.
Raffaele Poli, responsable de l’observatoire du football au CIES
Le public est plus que jamais indispensable, parce qu’il est générateur d’émotions collectives. Mais les supporters sont aussi ceux qui font vivre financièrement les clubs professionnels. Raffaele Poli nous livre sa vision de l’après Covid.
Raffaele Poli, responsable de l’observatoire du football au CIES
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