Du costume de serveuse à celui de ramoneur

Pour sauver son bar de nuit, l’Ampoule rouge à Porrentruy, Caroline Quiquerez est prête à tout ...
Du costume de serveuse à celui de ramoneur

Pour sauver son bar de nuit, l’Ampoule rouge à Porrentruy, Caroline Quiquerez est prête à tout, même à renfiler sa salopette de ramoneur. Elle était pourtant persuadée qu’elle n’exercerait plus jamais son premier métier

« La première fermeture, c'était une gifle. La deuxième, c'est un assommoir en tant que patron », lance Caroline Quiquerez. « La première fermeture, c'était une gifle. La deuxième, c'est un assommoir en tant que patron », lance Caroline Quiquerez.

« Ça fait 15 ans que je n’ai pas exercé en tant que ramoneur… je ne pensais jamais me relancer là-dedans… parce que depuis, j’ai découvert le métier de serveuse, j’ai mon bar de nuit, et c’est mon kiff », s’exclame Caroline Quiquerez. La mère de trois garçons a repris l'établissement de nuit bruntrutain en 2018, après y avoir exercé en tant que serveuse pendant des années. Les deux fermetures dues au coronavirus ne lui ont guère laissé le choix. « Ça fait plusieurs semaines que je me dis qu’il faut que je trouve un job pour payer les charges de mon établissement. Je suis prête à faire n’importe quoi pour sauver ce bar! J’avais postulé à quelques endroits et par hasard le successeur de mon père, qui avait une entreprise de ramonage, a demandé si j’avais du temps pour travailler avec lui. Me voilà donc de retour dans le monde des ramoneurs. » 

« L'Ampoule, elle est triste là... »

La vente de vin à emporter a permis à Caroline Quiquerez de payer quelques factures au début du mois. La vente de vin à emporter a permis à Caroline Quiquerez de payer quelques factures au début du mois.

Pas de salopette ni de hérisson au programme. Mais la native de Grandfontaine fera la tournée des cheminées dans son bus de l’Ampoule rouge, en civil. Elle s'occupera des tests anti-pollution. Une activité qu’elle exercera à 50% et qu’elle devra peut-être même mener un temps à côté de son travail de serveuse à la réouverture des bars. Ses deux employées ont droit au chômage et ont d’autres emplois à côté. La patronne est donc prête mentalement à reprendre son travail seule les premières semaines pour sauver l’antre, car la rentabilité n’est pas forcément de mise dans le lieu relativement petit, si les mesures au niveau du nombre de clients et des horaires sont strictes… « Et on ne sait pas si la fermeture va s’éterniser », reprend-elle.

Le bar de la vieille ville, fermé depuis le début du mois. Le bar de la vieille ville, fermé depuis le début du mois.

« Je ne pouvais pas rester à rien faire, sans savoir si on sera aidé, et regarder les factures tomber. J’ai fait un emprunt pendant le premier confinement. Il n'est pas encore remboursé... Quand on a rouvert, on pensait qu’on avait sorti la tête de l’eau... Et puis il y a eu l’annonce de fermeture en octobre, c’était l’assommoir... » Pour sauver son établissement, Caroline Quiquerez lançait début novembre l’action « Sauve ton bar, bois ton pinard » et proposait de la vente de bouteilles à emporter. « J’avais des stocks de vin et je devais trouver des liquidités pour payer mes charges fixes… ça a bien fonctionné mais j’étais consciente que ça ne pouvait pas durer longtemps, on ne peut pas solliciter les gens tout le temps. Ce n’est pas à eux de sauver le bar, ce n’est pas leur rôle », dit-elle, prenant ce rôle de sauveuse à cœur. /cka


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