Devant le tribunal pour un œil crevé

Audience mouvementée devant la Cour pénale de Neuchâtel. Un homme comparait ce mercredi pour ...
Devant le tribunal pour un œil crevé

Audience mouvementée devant la Cour pénale de Neuchâtel. Un homme comparait ce mercredi pour avoir crevé l’œil d’un individu lors d’une bagarre en décembre 2018 à Peseux. Il avait écopé de 5 ans de prison et d'une expulsion du territoire en première instance

(Image d'illustration) (Image d'illustration)

Un air de théâtre flottait mercredi matin devant la Cour pénale de Neuchâtel. Un homme comparait notamment pour lésions corporelles graves. Il est prévenu d’avoir, lors d’une altercation à Peseux en décembre 2018, frappé au visage un individu avec une béquille. La victime y a laissé un œil. En première instance, le prévenu avait écopé d’une peine de cinq ans de prison avec exclusion du territoire suisse pour une durée de 10 ans.


Un prévenu agité

Le prévenu, actuellement incarcéré, est arrivé masque hygiénique sur le visage, chapeau noir sur la tête et une pancarte de revendication pour le Black Power. Et le moins que l'on puisse dire, c’est qu’il s’est montré agité, interrompant les témoins. Les deux policiers qui sont intervenus lors de l’altercation ont été entendus mercredi matin. Le prévenu n’a cessé de les traiter de menteur. La juge lui a demandé à plusieurs reprises de se taire, tout comme son avocat, mais sans grand succès. Le prévenu a aussi de maintes fois levé le bras gauche, poing fermé et tenant dans l’autre main une Sainte bible.


Le prévenu nie tout

L’homme a rejeté en bloc tous les chefs d’accusation. En ce qui concerne la principale infraction, l’altercation à Peseux, il affirme qu’il s’agit d’un guet-apens monté de toutes pièces par la police et la personne blessée. À aucun moment il n’a frappé la victime. C’est elle qui s’en est prise à lui. Elle lui a arraché sa béquille, la cassant, avant de s’automutiler l’œil avec cette même béquille. L’avocat de la défense a relevé que personne n’avait assisté à la scène. On ne sait pas qui a ouvert les hostilités. Il s’agit donc de la parole de l’un contre celle de l’autre. Sans retenir la version de son client, le mandataire a relevé que ce coup n’était peut-être qu’un geste d’autodéfense ou un geste malheureux. Et de demander à la Cour de retenir cette version, le doute devant profiter à l’accusé.


La version de la partie civile

L'avocat de la partie plaignante a expliqué ce que son client, qui a renoncé à être présent mercredi matin, a ressenti lors de l’altercation. Son œil a éclaté comme un œuf. Le prévenu a ensuite continué à le frapper avec sa béquille lorsqu’il était à terre. Aujourd’hui il est traumatisé et craint encore et toujours son agresseur.

La défense demande d’alléger la peine, la partie plaignante de confirmer le jugement de première instance, voire de l’alourdir. Le procureur a également requis la confirmation du 1er jugement.

Pour ce qui est de l’expulsion, la Cour peut y renoncer. Ici, les circonstances qui pourraient être retenues sont les liens du prévenu avec la Suisse, en particulier sa famille, et notamment ses enfants. De plus, il a quitté le Congo à l’âge de 9 ans et n’y a plus d’attaches.

Le jugement sera rendu à 17 heures.

 


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