Un homme comparaissait lundi après-midi devant le Tribunal de police à Neuchâtel. Il est prévenu d’homicide par négligence : en août dernier, le véhicule qu’il avait garé à Hauterive a roulé sur une nonagénaire. La victime est décédée quelques jours plus tard
Le frein à main était-il tiré, ou une vitesse était-elle au moins engagée ? Ce sont deux des interrogations qui ont occupé le Tribunal de police lundi après-midi à Neuchâtel et auxquelles le prévenu a dû répondre. Fin août dernier, une camionnette de chantier garée dans une rue inclinée de Hauterive s’est mise en route et a roulé sur une nonagénaire occupée à tailler ses plantes. La victime est décédée quelques jours plus tard à l’hôpital de l’Île à Berne.
Face à la cour, le prévenu ne parvenait à contenir son émotion. Il est notamment accusé d’homicide par négligence et de conduite sous retrait du permis de conduire. L’homme l’a d’ailleurs reconnu : au moment des faits, il n’avait plus son bleu. Il était même en liberté conditionnelle après avoir été condamné à une peine privative de liberté pour infraction à la loi sur la circulation routière (LCR). Et ce n’est pas la première fois qu’il avait à faire avec la police : ce trentenaire a été condamné à huit reprises depuis 2011 par la justice neuchâteloise, notamment en raison d’infraction à la LCR ou pour vol en bande.
Interrogé par le ministère public, le prévenu ne se souvient plus s’il a tiré, ou pas, le frein à main de la camionnette de deux tonnes. Les auditions menées durant l’enquête, notamment celle d’un des pompiers présent sur place, indiquent que le frein à main n’avait pas été tiré. Le procureur a plaidé pour une peine ferme de six mois, avec révocation de précédents sursis.
De son côté, la défense a rappelé que l’intervention d’un tiers ne pouvait être exclue. L’avocat a aussi souligné la jeunesse difficile du prévenu, qui aujourd’hui souffre de dépression. A ses yeux, une peine de prison ferme pour le drame qui s’est tenu en août dernier à Hauterive ne permettrait pas au prévenu de suivre un traitement approprié.
Le jugement sera rendu dans le courant du mois de juillet. /aju









