Nébuleuse affaire ce lundi au Tribunal criminel du Littoral et du Val-de-Travers à Boudry. Un jeune homme de 20 ans comparaissait notamment pour des actes d’ordre sexuel avec des enfants, actes d’ordre sexuel avec une personne incapable de discernement ou de résistance, viol mais aussi tentative de brigandage, ou encore agression. Huit jeunes filles auraient été victimes de violences sexuelles entre 2014 et 2018 principalement à Neuchâtel. Elles étaient âgées de 10, 11, 13, 14 et 15 ans alors que le prévenu avait entre 14 et 18 ans au moment des faits. L’accusé est, depuis quelques mois, incarcéré au centre éducatif fermé de Pramont en Valais. Il était auparavant détenu à la prison de La Chaux-de-Fonds.
Cannabis, sexe et violence
Lors de son interrogatoire, le prévenu a bel et bien admis des relations sexuelles mais qu’il a presque toutes estimées consenties avec des filles qu’il pensait plus âgées. A une seule reprise il a avoué « avoir merdé ». En 2014, alors âgé de 14 ans, il a sodomisé une jeune fille de 11 ans mais conteste la violence qui aurait accompagné cet acte. Pour le reste, il a bien souvent nié, contesté, édulcoré les accusations à son encontre en se trouvant des circonstances atténuantes ou en rejetant les responsabilités sur autrui. Si de nombreuses questions sont restées sans réponses claires, une chose est sûre: le jeune homme était un gros consommateur de cannabis. Il en vendait et n’hésitait pas à en proposer aux jeunes filles qu’il aurait abusées. A cela s’ajoute des violences physiques, parfois même « gratuites » aux yeux du procureur. Comme par exemple lors d’une soirée d’octobre 2018 lorsqu’il s’en est pris, avec deux de ses amis, à un homme, prétextant qu’il lui devait de l’argent, le rouant de coups. La victime s'est retrouvée avec une fracture du nez, des dents cassées et une commotion cérébrale.
Quatre ans et demi de prison et expulsion du territoire demandés
Dans sa plaidoirie, le Ministère public a pointé du doigt les différentes versions du prévenu mais aussi les contradictions dans ses déclarations au fil de la procédure. Le procureur s’est attelé à démontrer que l’homme avait connaissance de l’âge de ses victimes et qu’il mentait. Il évoque un individu qui affiche « un profond mépris » des victimes, multirécidiviste avec à son compteur une dizaine de condamnations. « Maintenant, c’est stop », a-t-il renchéri. L’expertise psychiatrique de l’accusé met notamment en avant un risque de récidive élevé et des traits d’immaturité. Le Ministère public requiert quatre ans et demi de prison. Les juges devront aussi se prononcer sur l’expulsion du territoire suisse. Pour le procureur, les conditions pour son renvoi dans son pays d'origine sont remplies. Les avocates des plaignantes appuient cette requête. Elles ont toutes souligné que le prévenu n’a fait part d’aucun regret ni d'excuses vis-à-vis des victimes; des victimes « détruites » et « traumatisées ». Dans sa plaidoirie, l’une des avocates a relevé toujours le même procédé. Via l’alcool ou le cannabis, le jeune homme met ces jeunes filles hors d’état de résister puis les contraint à avoir des relations sexuelles.
Deux ans et demi de prison et le renoncement à l’expulsion pour la défense
L’avocate du prévenu a relevé son parcours difficile, arguant qu’il n’était pas parti dans la vie avec les mêmes armes que tout le monde. Elle a souligné également que son client avait changé, qu’il avait entamé une formation de cuisinier et demandait une seconde chance. L’avocate de la défense a mis en avant les contradictions des plaignantes au cour de la procédure ainsi que l’acte d’accusation du Ministère public « qui ne correspond pas aux faits ». Elle demande ainsi deux ans et demi de prison en se basant sur une diminution de la responsabilité du prévenu et l’acquittement de quelques chefs d’accusation. Elle demande également de renoncer à l’expulsion du territoire. Le jugement sera rendu mercredi à 17 heures. /jpp









