Le gynécologue accusé de viol est acquitté

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Le gynécologue accusé de viol est acquitté

Le médecin jurassien soupçonné de viol et de tentative de contrainte sexuelle a été libéré des charges qui pesaient contre lui. Le jugement a été rendu vendredi au Tribunal de première instance à Porrentruy

Le gynécologue soupçonné de viol a été acquitté (photo : archives). Le gynécologue soupçonné de viol a été acquitté (photo : archives).

Le gynécologue jurassien entendu dans une affaire de viol et de tentative de contrainte sexuelle a été acquitté vendredi. Le Tribunal de première instance de Porrentruy l’a libéré des charges qui pesaient contre lui. Il reçoit en outre 1’000 francs pour tort moral. Mais le juge Laurent Crevoisier a précisé, en s’adressant au médecin : « Vous l’aurez compris monsieur, nous vous libérons au bénéfice du doute. »


Deux versions opposées

Le juge a souligné que les versions des deux parties étaient diamétralement opposées : d’un côté, une femme qui accuse son gynécologue de l’avoir violée et de tentative de contrainte sexuelle en 2006 et 2007. De l’autre, un homme qui nie les faits et assure être toujours resté professionnel. En l’absence de preuve matérielle et de témoin oculaire, le jugement s’est appuyé sur les éléments de l’enquête.

Le juge a estimé que les déclarations de la femme étaient crédibles de prime abord, mais que ses versions avaient tendance à fluctuer. Jeudi, lors de son audition au tribunal, elle a ajouté des éléments qui n’avaient jamais été révélés plus tôt. Mais ce qui a fait douter le juge, ce sont surtout les résultats de l’expertise psychiatrique. Selon l’expert psychiatre, la femme était en état de sidération en 2006, après la première agression supposée. Mais en 2007, après la seconde agression supposée, elle se serait « réveillée » et aurait pris toute conscience de la gravité des faits. « Le tribunal peine à comprendre pourquoi elle serait alors retournée consulter le prévenu », a déclaré le juge Laurent Crevoisier.


Présomption d'innocence

Quant aux déclarations du gynécologue, elles ont aussi été mises en doute par le juge : « Vous ne dites pas la vérité sur certains points, vous êtes donc en capacité de mentir », a-t-il lancé. En effet, le prévenu avait déclaré jeudi ne pas demander à ses patientes de se mettre entièrement nues lors des consultations, alors que de nombreuses femmes interrogées pendant l’enquête ont affirmé le contraire. « Toutefois, ce sont des faits secondaires », a admis le juge. Le témoignage d’une ancienne employée du docteur a aussi fait débat : s’il est à charge contre le prévenu, il est à lire « avec circonspection ». En effet, cette assistante médicale aurait fait un burn out en 2018 à cause de son supérieur, et c’est à ce moment-là qu’elle a témoigné contre lui… alors qu’elle avait connaissance de l’enquête en cours depuis 2015.

Au final, c’est la présomption d’innocence qui a primé. « La justice doit parfois se contenter d’une vérité judiciaire qui ne correspond pas forcément à la vérité matérielle », a conclu le juge.

Les frais de procédure et les 1’000 francs de dommages et intérêts incombent à l’Etat. /cto


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