Drame des Emibois : 17 mois de prison ferme prononcés en appel contre le principal prévenu

Comme en première instance, la Cour pénale à Porrentruy n’a pas retenu le meurtre par dol éventuel ...
Drame des Emibois : 17 mois de prison ferme prononcés en appel contre le principal prévenu

Comme en première instance, la Cour pénale à Porrentruy n’a pas retenu le meurtre par dol éventuel mais uniquement l’homicide par négligence

La Cour pénale a prononcé une peine légèrement plus lourde qu'en première instance, sans retenir le meurtre par dol éventuel. La Cour pénale a prononcé une peine légèrement plus lourde qu'en première instance, sans retenir le meurtre par dol éventuel.

Le principal prévenu dans l’affaire du drame des Emibois a écopé ce vendredi en appel d’une peine de 35 mois de prison dont 17 mois ferme et incompressible devant la Cour pénale à Porrentruy. Ce jeune jurassien avait fauché et tué un piéton aux Emibois une nuit de novembre 2016 et était reparti sans se soucier de la victime, un Franc-Montagnard de 21 ans. Le deuxième prévenu, qui le suivait en voiture, a été condamné à 120 jours-amende à 100 francs avec sursis pendant deux ans. Le ministère public réclamait six ans et demi de prison à l’encontre du premier conducteur. Mais, comme en première instance, les juges ont retenu l’homicide par négligence et non le meurtre par dol éventuel ni l’hypothèse de la course-poursuite plaidée par la partie civile.


La négligeance ne va pas jusqu'à l'acceptation d'une issue fatale

« Oui son comportement a causé la mort. Mais est-il un meurtrier, s’est-il accommodé de la mort d’autrui comme une issue certaine ? », questionne d’entrée le juge Pascal Chappuis à l’heure d’expliquer son jugement. À cet exercice délicat d’interprétation, la Cour pénale a répondu par la négative. La vitesse du prévenu, 80 km/h au lieu de 60, « ne permet pas d’admettre un comportement si déraisonnable qu’il savait qu’il allait causer un accident » relève la cour. Son état d’ébriété, indéniable, a certes eu un effet désinhibant. « C’est une négligence particulièrement grave qui doit être sanctionnée, appuie le juge Pascal Chappuis, mais cela ne va pas jusqu’à l’acceptation d’une issue fatale ».

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« Ne pas surinterpréter les faits »

Impossible également, selon la Cour pénale, de démontrer que les deux prévenus se livraient à une course-poursuite comme l’a plaidé la partie civile ainsi que le ministère public. Le premier « n’a pas poussé son véhicule dans ses limites », n’a pas tout mis en œuvre pour semer son poursuivant et rien ne permet de dire qu’il roulait les yeux rivés sur son rétroviseur. Des indices qui, pour les juges, ne collent pas avec un « esprit de compétition ». Ils ont cependant rappelé que cela ne doit pas occulter les nombreuses incohérences dans les déclarations des deux conducteurs, évoquant deux hommes qui peinent encore à assumer leurs actes et tentent même de les minimiser. « Un comportement tout sauf exemplaire, mais qui ne doit pas conduire à surinterpréter les faits », résume Pascal Chappuis.

Me Seidler, avocat de la partie civile : « un sentiment très mitigé »

Les proches de la victime ne digèrent pas le jugement

Certaines questions restent cependant en suspens pour les proches de la victime. Pourquoi le chauffard est-il reparti sans se soucier de ce jeune piéton qu’il venait de faucher ? Il a toujours affirmé avoir cru percuter un animal. « Vu la vitesse, l’état d’ébriété, l’heure tardive (après minuit), les conditions météo, une visibilité pas si évidente, il n’est pas formellement exclu qu’il ne se soit pas rendu compte, sur le moment, qu’il avait heurté un piéton. En revanche, au regard de la violence du choc, il aurait dû l’envisager par la suite », explique le magistrat. Le jugement ainsi que les motivations de la Cour pénale ont suscité une vive émotion chez les proches de la victime qui espéraient une peine plus lourde. Si le principal prévenu écope de 17 mois ferme au lieu de 12 mois en première instance, la différence reste fondamentale : il ne pourra pas les purger en semi-détention, ce qui aurait été possible pour une peine d’un an. /jpi


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