Il s’inventait des vies pour briller en société

Un homme âgé de 36 ans comparaît mardi devant la justice neuchâteloise pour escroquerie et ...
Il s’inventait des vies pour briller en société

Un homme âgé de 36 ans comparaît mardi devant la justice neuchâteloise pour escroquerie et usurpation de fonction, entre autres. Il mentait sur son métier pour gruger son entourage

L'homme a comparu devant le Tribunal criminel qui siège à l'Hôtel de Ville de Neuchâtel. L'homme a comparu devant le Tribunal criminel qui siège à l'Hôtel de Ville de Neuchâtel.

Haut fonctionnaire au Département fédéral des affaires étrangères ou employé du club de football de Young Boys : l’homme qui comparaît ce mardi devant le Tribunal criminel du Littoral et du Val-de-Travers à Neuchâtel s’invente depuis plusieurs années des vies plus prestigieuses que ce que lui offre son quotidien de simple citoyen à l’aide sociale. L’accusé a servi ses mensonges à quatre de ses compagnes entre juin 2017 et août 2019. Ses affabulations ont même conduit l’une d’entre elles à quitter son poste de vendeuse pour un emploi de « fonctionnaire fédérale attachée au service du protocole avec rang d’ambassadeur », un emploi purement et simplement inventé par son compagnon. Cette même victime a également déboursé 45'000 francs pour une voiture, sûre de se faire rembourser par la Confédération. Dans ses fonctions fictives, l’homme a par ailleurs promis la venue de l’ancien conseiller fédéral Didier Burkhalter aux 150 ans de la Police cantonale valaisanne notamment. Une autre plaignante a elle déboursé 1'270 francs pour rendre service à son compagnon qui prétendait avoir des soucis de carte bancaire.


Festivals également grugés

L’homme doit ainsi répondre d’usurpation de fonction et d’escroquerie, mais aussi de vol par métier pour avoir prélevé plusieurs montants dans les caisses de festivals et de manifestations publiques. L’Estival Open air d’Estavayer, les Francomanias de Bulle, le centre culturel Fris-Son à Fribourg, le Corbak Festival à La Chaux-du-Milieu et le Festival Summer place de Fribourg ont ainsi eu affaire à ce bénévole indélicat. Au total, les sommes prélevées atteignent 7'800 francs.

Il est aussi reproché à l’accusé d’avoir commandé des billets de transports publics au nom de tierces personnes, dont sa grand-mère, pour 994.60 CHF. Il a réitéré son procédé avec des articles de sport pour un montant de près de 2'000 francs. Il a aussi dérobé de la nourriture et des boissons dans des commerces durant trois ans pour une valeur de 27'000 francs.


La prison pour apprendre à affronter la réalité

Dans son réquisitoire, le procureur général Pierre Aubert a dépeint une personnalité évitante dont le génie est d’arriver à faire croire l’incroyable. Un constat partagé par l'une des victimes venue témoigner à la barre, qui a décrit: « un homme manipulateur, capable de vous faire croire tout ce que vous voulez ». Le Ministère public réclame une peine de 30 mois de prison, sans sursis. À ses yeux, la détention est le seul moyen de cadrer l’accusé et de lui faire affronter la réalité. L’avocate de la grand-mère de l’accusé s’est ralliée également à ce réquisitoire.


Le mensonge comme armure sociale

L’homme a déjà passé environ 8 mois en détention provisoire. Son avocate a tenté d’alléger les chefs d’accusation qui pèsent contre son client, arguant que l’accusé n’a pas tenté d’obtenir des avantages économiques en se faisant passer pour un haut fonctionnaire. Selon elle, l’homme cherchait simplement à se mettre en avant, à briller. Pour Maître Sandra Joseph Veuve, les victimes auraient dû se méfier davantage des mensonges, qualifiés de grotesques, de son client. L’expertise psychiatrique fait état de ces affabulations comme d’une stratégie d’évitement, où le mensonge devient une armure sociale. L’avocate du prévenu requiert ainsi une peine de 24 mois avec sursis et la poursuite d’un traitement thérapeutique. Le verdict sera rendu vers 15 heures. /sbe


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