La sérénité est revenue en décembre au sein de Migros Neuchâtel-Fribourg. Début décembre, la coopérative indiquait dans un communiqué que le directeur Jean-Marc Bovay avait la pleine confiance de l'administration. Une semaine auparavant, l'administration présidée par Damien Piller avait pourtant décidé de le suspendre de son poste. La Fédération des coopératives Migros avait alors rétorqué que cette suspension était illégitime, car elle violait les statuts de la coopérative.
Le bras de fer débute en fait au début de l’été. Fin juin, la Fédération des coopératives Migros et la coopérative régionale Neuchâtel Fribourg déposent plainte pénale. Les deux structures reprochent à Damien Piller des versements injustifiés à des sociétés qu’il contrôle pour 1,7 million de francs, dans le cadre de la construction des magasins de Belfaux et de La Roche.
Damien Piller conteste ces accusations et dépose également plainte pénale pour atteinte à l'honneur. Dans le courant de l’automne l’affaire se corse. La commission du personnel de la succursale réclame la démission de son président et de l’ensemble de l’administration, estimant que le lien de confiance est rompu. En parallèle, le comité coopératif, qui représente les 124'000 coopérateurs, met sur pied une votation générale le 16 novembre et propose de révoquer les membres de l’administration.
Au terme du scrutin, la RTS révèle que 400 bulletins de votes – tous en faveur de Damien Piller – sont retrouvés dans un petit village. Daniel Bena, le président du comité coopératif soupçonne alors une fraude et saisit le parquet régional de Neuchâtel.
Le résultat du scrutin qui tombe quelque jour après la découverte des bulletins constitue cependant une surprise : les coopérateurs plébiscitent le Conseil d’administration et Damien Piller à près de 65%. Ce dernier est réjoui et annonce des mesures communiquées une semaine plus tard : l’administration suspend le directeur. Elle ne peut pas le licencier sans le consentement de la Fédération, qui soutient la direction de la coopérative, avec qui elle avait dénoncé Damien Piller à la justice. Dernier rebondissement en date, début décembre : l’administration et la direction indiquent que le directeur garde son poste, a la pleine confiance de l’administration et que le dialogue a désormais repris. /aju









