Une taxe cantonale sur le stationnement ?

Un postulat qui demande d’étudier un projet de loi pour un développement durable des transports ...
Une taxe cantonale sur le stationnement ?

Un postulat qui demande d’étudier un projet de loi pour un développement durable des transports publics en taxant les propriétaires de parkings a été accepté par le Grand Conseil neuchâtelois mercredi

La création d'une taxe cantonale sur les places de parc a divisé le Grand Conseil mercredi. La création d'une taxe cantonale sur les places de parc a divisé le Grand Conseil mercredi.

Une idée qui a donné lieu à des joutes verbales animées au Grand Conseil neuchâtelois.

Le postulat des Verts intitulé « Pour un développement durable des transports publics » a été accepté par 58 voix contre 49 et 4 abstentions mercredi matin. Il demande au Conseil d’Etat d’étudier le développement de l’offre et réduire les prix des TP en percevant une taxe auprès des propriétaires de parkings (parkings collectifs ou places avec ou sans parcomètre). L’idée est de taxer 1 franc par mouvement ou 30 francs/mois par place, sauf si ces places font partie du logement principal de l’usager.

Pour le député des Verts, Laurent Debrot, l’urgence climatique s’impose et le Canton doit faire sa part. Devant le plénum, il a mis en avant que la mobilité individuelle motorisée ne cesse d’augmenter alors que TransN admet que les usagers des transports publics ont diminué ces quatre dernières années. Son postulat vise donc à réduire l’utilisation de la voiture. Il a rappelé que la mesure reste modeste, que l’entièreté de la taxe sera affectée aux transports publics et que, du coup, elle profitera à toute la population.

La droite s'oppose fermement à ce postulat, cette idée de taxe est jugée injuste, arbitraire et antisociale, qui vise les automobilistes et les entreprises. Elle aura pour conséquences d’appauvrir les travailleurs et de favoriser l’augmentation du coût de la vie mais aussi d’engendrer une hausse du stationnement sauvage. Le PLR a clairement annoncé que si ce postulat se transforme en loi, le référendum sera lancé.

Le Conseil d’Etat a invité le Grand Conseil à refuser ce postulat. Pour Laurent Favre, cette taxe va diviser la population, chargera la classe moyenne et la population des régions périphériques. Le conseiller d’Etat en charge du département du développement territorial et de l’environnement a ajouté les effets néfastes qu’elle aurait sur l’attractivité résidentielle du canton. /jpp  


Un postulat qui a inspiré un commentaire à Adrien Juvet :

La taxe parking est une fausse bonne idée.


En demandant une nouvelle fois à la classe moyenne de passer à la caisse, les Verts font fausse route avec leur postulat validé mercredi par le parlement. D’une part, la taxation des places de parkings publics ou privés s’apparente à un nouvel impôt, de l’aveu même du Conseil d’Etat, alors que le citoyen neuchâtelois vit déjà un enfer fiscal. Mais cette nouvelle taxe risque aussi de péjorer l’image que le canton donne de lui et son attractivité : elle incitera encore un peu plus le consommateur à franchir les frontières pour réaliser ses achats.


La taxe impactera également les entreprises, qui risquent de devoir répercuter la facture finale sur les travailleurs. Pareil pour les propriétaires d’établissements publics, qui devront probablement facturer leurs propres places de stationnement. Enfin – sans même évoquer le coût de l’installation des horodateurs et autres barrières de parking à charge de la collectivité – cette taxe est mesquine envers les régions périphériques du canton encore aujourd’hui mal desservies par les transports publics. A La Côte-aux-Fées, aux Planchettes ou à Fresens, la voiture n’est souvent pas une option mais une nécessité. Certains députés semblent avoir quelque peu oublié que le canton de Neuchâtel ne se résume pas à la seule cour du Château. 


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