Trafic de stups et escroquerie devant le Tribunal

Le Ministère public a requis mardi matin une peine de 4 et demi de prison ferme et l'expulsion ...
Trafic de stups et escroquerie devant le Tribunal

Le Ministère public a requis mardi matin une peine de 4 et demi de prison ferme et l'expulsion du territoire pendant 5 ans devant le Tribunal criminel à Boudry. La défense parle d'une condamnation à mort. Verdict jeudi

Le crystal est une drogue très addictive. Le prévenu en a vendu entre 340 et 700 grammes. ( Image d'archives: poca) Le crystal est une drogue très addictive. Le prévenu en a vendu entre 340 et 700 grammes. ( Image d'archives: poca)

Une liste de délits assez impressionnante. Un homme a comparu mardi matin devant le Tribunal criminel à Boudry. Il est notamment prévenu d’infraction grave à la Loi sur les stupéfiants, d’escroquerie et d’acte d’ordre sexuel avec une personne incapable de discernement.

Le Ministère public a requis une peine de prison ferme de 4 ans et demi de prison et un traitement institutionnel suivis de l’expulsion du territoire suisse pendant 5 ans. Pour l’avocat du prévenu, le renvoyer au Kosovo, c’est le condamner à mort. L'accusé a admis tout ou en partie les faits qui lui sont reprochés. Mais il réfute l’acte d’ordre sexuel.


Un bénéfice de plus de 35'000 francs

L’homme, actuellement en cure de désintoxication, est soupçonné d’avoir vendu entre 340 grammes et 700 grammes de crystal de mai à octobre 2018, soit : « entre 22 et 42 fois le cas grave » selon la Loi sur les stupéfiants. Il aurait ainsi engrangé un bénéfice compris entre 12'000 et 38'500 francs. Bénéfice qu’il a dépensé en vêtements, hôtel, taxi et casino en ligne. Pour le procureur, l'accusé n'a pas agi pour financer sa consommation de drogue, mais pour financer son train de vie.

Le prévenu a aussi, avec un complice et à de multiples reprises, commandé sur internet des articles sous un faux nom pour un peu moins de 80'000 francs. Il affectionnait particulièrement le matériel électronique. Ces faits se sont déroulés courant janvier 2015. Certaines autres escroqueries auraient échoué.


Acte sexuel non retenus

Le Ministère public a renoncé à poursuivre l’acte d’ordre sexuel sur une personne incapable de discernement. Il estime que les grandes contradictions dans les déclarations du prévenu, de la plaignante et des témoins ne permettent pas au Parquet de se prononcer. Il maintient en revanche l’accusation selon laquelle le prévenu a filmé ces actes et les a transférés à un tiers sans le consentement de la plaignante.

Pour appuyer sa demande d’expulsion du territoire suisse, le procureur a relevé les antécédents de la victime : cinq condamnations notamment pour vols, recel et délits en lien avec les stupéfiants. Par ailleurs, le risque de récidive est élevé selon le rapport de l'expert psychiatre. Quant à sa famille qu’il a en Suisse, soit trois enfants et un quatrième en route, il pourra garder un lien avec eux avec les moyens électroniques qui existent actuellement.


La défense sollicite la clémence

La vision de la défense est diamétralement opposée : « Certes le prévenu a commis des infractions, certes il doit payer et être condamné à une peine de prison ferme ; mais le renvoyer dans son pays d’origine où il n’a vécu que les sept premières années de son existence, c’est lui enlever toute chance de retrouver une vie normale. C’est le condamner à mort. » Selon la défense, ce dernier n’a plus de famille au Kosovo alors qu’en Suisse ses six sœurs et sa femme sont prêtes à l’épauler.

Enfin, lors de son arrestation et de son incarcération en octobre 2018, le prévenu aurait eu un électrochoc. Il veut vivre une vie normale, trouver un travail et s’occuper de sa famille. L’avocat a donc demandé la clémence de la Cour. En conclusion, le prévenu a encore dit avoir trouvé la force de s’en sortir, de mener une vie normale. Et regarde avec honte les actes qu’il a commis.

Verdict jeudi à 11 heures. /sma


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