Des papillons volant d’orchidées en orchidées, des sauterelles se mêlant aux batraciens et aux alouettes, le champ de Claudine Sandoz ressemble, en ce début d’été, à un vrai paradis. Elle exploite cette prairie à Brot-Dessus depuis près de 25 ans de manière extensive. Propriété de l’Etat, elle se trouve à quelques mètres du Marais de Brot, une zone protégée. Mais depuis quelques semaines l’agricultrice est inquiète, car le Canton lui a signifié la fin de son bail à fin avril 2020. L'Etat serait sur le point de se séparer de la parcelle.
Pour Claudine Sandoz, ce changement signifierait la fin de la biodiversité sur ce terrain, puisque le nouveau propriétaire ne serait plus obligé d’exploiter la prairie de manière extensive, comme le lui demandait jusqu’alors le Canton. Un crève-cœur pour l’agricultrice qui a décidé de se battre. Elle entend déjà faire entendre son droit de préemption, inscrit selon elle dans l’acte notarié du bien. En cas de vente, elle serait censée être prioritaire. Claudine Sandoz a encore deux ans devant elle pour continuer ce qu’elle a commencé et compte bien aller jusqu’au bout.
Elle prépare également une initiative populaire pour que la zone soit classée en biotope d’importance nationale. Des signatures seront récoltées dès la rentrée.
Notre rencontre avec Claudine Sandoz
Du côté du Canton, on distingue deux statuts différents sur le même terrain. « Environ deux tiers de la parcelle se situent dans le marais d’importance nationale de Brot-Dessus » explique Philippe Jacot-Descombes, conservateur cantonal de la nature. « L’Etat va rester propriétaire de cette partie et s’assurer que l’entretien soit fait de manière extensive. » Cependant, ce n’est pas le cas des terres se situant en dehors de cette zone. « Le nouveau propriétaire pourra décider d’en faire une exploitation traditionnelle s’il le souhaite», détaille-t-il.
Le Canton ne veut pas procéder à une vente classique pour se séparer de la parcelle. « L’option choisie consiste en un échange de terrains », détaille Philippe Jacot-Descombes. « Cela permettrait de faciliter la mise en œuvre d’autres entreprises de gestion dans les marais d’importance nationale. » L’Etat n’a pas encore décidé quelle surface il acquerra dans cette procédure. /rgi-pha








