Un déjeuner pour faire le point sur les violences domestiques

Le Bureau jurassien de l’égalité a organisé mardi midi un déjeuner-réseau à Delémont. Un moment ...
Un déjeuner pour faire le point sur les violences domestiques

Le Bureau jurassien de l’égalité a organisé mardi midi un déjeuner-réseau à Delémont. Un moment qui a servi à informer les participants sur la prise en charge policière et judiciaire des affaires de violence au sein de la famille

Une procureure, une policière et une assistante sociale ont expliqué comment s'organise la prise en charge des violences domestiques. Une procureure, une policière et une assistante sociale ont expliqué comment s'organise la prise en charge des violences domestiques.

Discuter avec des professionnels pour comprendre comment sont prises en charge les affaires de violences domestiques. C’était l’objectif du déjeuner-réseau organisé mardi par le Bureau jurassien de l’égalité à Delémont. Associations, institutions et autres personnes intéressées ont pu rencontrer trois professionnelles de la police et de la justice. De quoi revenir sur quelques principes légaux, sur leurs expériences mais aussi sur les chiffres de la violence domestique.

 

Violences à la maison

En 2018, la police a enregistré 18'522 cas de violence domestique en Suisse. Un terme qui englobe beaucoup de choses, comme l'a révélé Valérie Cortat, procureure au Ministère public :  « Ce sont toutes les formes de violences qui ont lieu dans le cadre familial : entre partenaires ou perpétrées par les parents. Ca peut être des violences physiques ou psychologiques, ou même financières. Dans le Code Pénal, en revanche, « violences domestiques », ça ne veut rien dire : on parlera de voie de fait, de lésion corporelle grave, de menaces, de meurtre. »

Qui dit différentes infractions, dit différents degrés de gravité. Lors du déjeuner–réseau, Marie-Jane Intenza, adjointe au commandant de la police jurassienne, a rappelé que toutes les affaires n’appellent pas au même suivi de la part de la police :  « La différence est faite par le Code pénal. Certaines infractions, comme les insultes, se poursuivent uniquement sur plainte. D’autres se poursuivent d’office : dès que la police en est informée, elle est obligée de poursuivre. C’est le cas des voies de fait, par exemple. »  

 

Parfois, l'interdiction d'entrer en contact avec la victime

Mais d’ailleurs, qui porte plainte en cas de violence domestique ? Marie-Jane Intenza déclare que tous les cas de figure existent : « Parfois c’est la victime, parfois ce sont les voisins qui préviennent que ça crie trop fort dans la maison d’à côté… Et parfois, ce sont les auteurs eux-mêmes qui se présentent et révèlent qu’ils ont besoin d’aide. »

Le Ministère public décide de la suite à donner à l’affaire, en fonction de la gravité des faits et de l’urgence de la situation, comme l'explique Valérie Cortat : « Le procureur évalue les mesures à prendre. Ca peut être l’audition d’un prévenu, des examens médicaux ou l’interdiction d’entrer en contact avec la victime. Cela arrive fréquemment. »

 

Droits des victimes

La victime, justement. Lorsqu’elle est entendue par la police, elle est informée de ses droits, notamment le droit de consultation des centres LAVI. Cette institution, présente dans chaque canton, met en application la loi fédérale sur l’aide aux victimes d’infractions. Elle prévoit différents types de soutien aux victimes de violence domestiques, notamment. Aides financières, psychologiques, juridiques, ou tout simplement soutien moral. Nathalie Bourquenez est assistante sociale dans le centre LAVI de Delémont et précise que parfois, certaines personnes viennent simplement pour s'exprimer. 

Dans le Jura, Nathalie Bourquenez estime que 80% des personnes qui s’adressent à elle sont des femmes. Selon elle, la violence domestique à l’égard des hommes existe, mais reste le plus souvent tue : « Il y a un tabou. Beaucoup d’hommes se sentent honteux d’être victimes de violences conjugales et n’osent pas forcément venir chercher de l’aide dans nos centres. »

Toujours est-il que quelle que soit la victime, le centre LAVI peut la mettre en contact avec des professionnels de la santé, des avocats, des services sociaux ou d’autres instances afin de l’aider dans son cheminement et son action, qu’elle ait porté plainte ou non.

Quant à l’auteur de violences, il peut aussi s'adresser à des institutions : le Jura a conclu un mandat en 2016 avec le canton de Neuchâtel. Il est donc possible de s’adresser au service pour auteurs de violences conjugales de Neuchâtel, afin de bénéficier d’une aide spécialisée./cto


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