Peine de prison à vie requise dans le drame des Verrières

Le Ministère public requiert la prison à vie contre l'auteur présumé du drame des Verrières ...
Peine de prison à vie requise dans le drame des Verrières

Le Ministère public requiert la prison à vie contre l'auteur présumé du drame des Verrières. L’homme aurait assassiné son ex-compagne et son nouvel ami en août 2017 dans la commune du Val-de-Travers. Il a comparu mercredi devant le Tribunal criminel du Littoral et du Val-de-Travers

Le témoignage du prévenu n'a pas convaincu le Ministère public qui requiert la prison à vie pour un double assassinat. Le témoignage du prévenu n'a pas convaincu le Ministère public qui requiert la prison à vie pour un double assassinat.

L’affaire du double meurtre des Verrières devant les tribunaux. Le père de famille accusé d’avoir tué son ex-compagne et son supposé amant dans la commune vallonnière comparaît depuis mercredi matin devant le Tribunal criminel du Littoral et du Val-de-Travers à Boudry. En août 2017, le prévenu aurait appuyé trois fois sur la détente de son arme avant de se rendre calmement à la police. Le quinquagénaire qui est père de famille a déjà passé plus d’une année et demie derrière les barreaux.


Trou noir

« Je ne sais pas ce qu’il s’est passé ». Lors de son interrogatoire, le prévenu a souvent répété ne pas savoir pourquoi il aurait tué son ex-compagne et cet autre homme lors de cette nuit d’août 2017. Un coup de folie lié à l’alcool et à la jalousie, c’est en tout cas ce qui ressort du témoignage du quinquagénaire. Mercredi matin, le prévenu a dévoilé aux juges son parcours de vie qui semble être tout droit sorti d’un roman d'Emile Zola. Marié puis divorcé après avoir traversé des drames familiaux, le prévenu a ensuite rencontré son ex-compagne qui a partagé avec lui son problème d’alcoolisme ce qui a aggravé ses problèmes de santé, selon lui.

Après une relation faite de hauts, de bas et d’échecs professionnels, le quinquagénaire et père de famille aurait tout de même souhaité se rapprocher de la victime pour recoller les morceaux. La relation s’était dégradée à cause des problèmes d’alcool de cette dernière. Selon l’homme, elle s’en prenait à leurs deux enfants et à lui-même lors de ces crises.

C'est lors de l'été 2017 qu’il aurait compris que sa femme voyait quelqu'un d'autre au moment où il a rencontré son présumé amant. Après une explication musclée le jeudi soir avant le drame, il serait retourné le vendredi soir dans l’appartement de son ex-compagne avec une arme de poing et aurait abattu l’homme et cette dernière, alors qu'il était sous l’influence de l’alcool et d'un stupéfiant.

Durant son témoignage, le prévenu a martelé qu’il ne savait pas pourquoi il aurait commis ce geste et que sa mémoire commence à ne plus faire la différence entre : « ce qu’il a vu, ce qu’il a cru ou ce qu’il a lu ». Il a en outre présenté des excuses envers les famille des deux victimes, qui n'étaient pas présentes à l'audience.


Assassinat selon le Ministère public

« Un être égocentrique, narcissique et qui manque singulièrement d’empathie et de remords ». De son côté, le Ministère Public ne croit pas que le prévenu a commis un meurtre passionnel. Selon le procureur, le sang-froid dont il aurait fait preuve durant son acte et les menaces qu’il a proférées 24 heures avant le drame - je vous tuerai aurait-il dit aux deux futures victimes devant des témoins - tendent à prouver qu’il s’agit d’un assassinat.

Le Ministère public a révélé que lors du soir du drame, le prévenu se serait notamment introduit dans le domicile de la victime et caché sous le lit pour commettre son forfait avant de finalement passer à l'acte dans la cuisine, ce qui tranche avec les explications du quinquagénaire qui plaide un meurtre par accès de folie. D’ailleurs, le soir du drame, le prévenu aurait appuyé deux fois sur la gâchette de son arme en tirant à bout portant dans la tête des deux victimes. Le Ministère public avance que son ex-compagne a alors agonisé durant plus de 10 minutes avant qu’il ne l’achève froidement d’une deuxième balle. Après avoir appelé la Police neuchâteloise et expliqué calmement la situation, le prévenu aurait demandé expressément que les feux bleus ne soient pas allumés : « pour ne pas faire de foin dans le village ». À la lueur de ces éléments et de l’expertise psychiatrique, le Ministère public requiert soit le double assassinat ou l’assassinat et le meurtre passionnel sur son ex-compagne. Dans ces deux cas, la peine privative de liberté requise est la prison à vie.


La défense invoque un porofond désarroi

Pour la défense, le quinquagénaire a agi sous l’emprise de la boisson - son taux d’alcoolémie était supérieur à deux pour mille - et a été victime d’un trou noir. Son avocat a expliqué qu’après avoir ingéré beaucoup d’alcool à jeûn, les alcooliques chroniques ont parfois des black-out.

De son côté, la défense a plaidé pour le meurtre passionnel. Le prévenu aurait agi par désespoir et souffrance de voir la femme qu’il aime depuis 20 ans lui échapper. La partie défenderesse reconnaît aussi que la faute de son client est lourde, mais peut être en partie excusée. Le prévenu s’est aussi rendu à la police, ce qui dénote d’une certaine responsabilité. En conclusion, la défense souhaite que les juges retiennent une peine privative de liberté de 10 ans pour meurtre passionnel ou 14 ans au maximum si le meurtre simple est retenu.


Faux-pas de la presse

Durant la matinée, la séance a été suspendue pour un incident lié à la presse. Alors que la juge avait stipulé que le tribunal se déroulerait à huis clos partiel et qu’aucun détail sur les enfants ne devait filtrer, un quotidien de boulevard en ligne a dévoilé des informations qui ont été condamnées par l’avocate de la partie plaignante. À la suite de ce mini-scandale, le Tribunal criminel a prononcé une interruption de séance qui a duré presque une heure. Le procès a ensuite repris avec une injonction à ne pas parler des enfants du prévenu et leur implication dans l’affaire sous peine d’amende. /jha


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