Hommage à José Ribeaud

Avec la mort de José Ribeaud, la Suisse romande a perdu samedi le premier présentateur d’un ...
Hommage à José Ribeaud

Avec la mort de José Ribeaud, la Suisse romande a perdu samedi le premier présentateur d’un journal télévisé. Hommage signé Cyprien Lovis

José Ribeaud fut un journaliste marquant et restera à
 tout jamais comme le premier présentateur d'un journal télévisé en 
Suisse Romande. (photo archive) José Ribeaud fut un journaliste marquant et restera à tout jamais comme le premier présentateur d'un journal télévisé en Suisse Romande. (photo archive)

La Suisse romande a perdu samedi le premier présentateur d’un journal télévisé. José Ribeaud s’est éteint dans un hôpital de Berlin. Le Jurassien avait 83 ans. Sa carrière journalistique fut dense, sa retraite d’écrivain également.

L'hommage de Cyprien Lovis

« Tu sais, ce soir, c’est ma dernière conférence…. Mais, s’il te plaît, ne le dis pas ! » Cette confidence, José Ribeaud me l’avait faite en septembre dernier à Saint-Imier, au sortir d’une interview réalisée le matin d’une soirée-conférence qu’il a donnée sur la naissance de l’anarchisme dans notre région.

Sur le moment, on peine à le croire. Lui, l’octogénaire hyperactif, le journaliste jamais retraité, au verbe toujours aussi enthousiaste et précis, il serait sur le point de s’arrêter ? Non… Et pourtant…la confidence était prémonitoire. La conférence symbolique.

Dans sa recherche de la vérité, José Ribeaud a toujours voulu entendre toutes les parties pour comprendre puis raconter une histoire. Donner la parole aux plus faibles, prendre en compte les minorités, bousculer les plus forts. Le journaliste publiait des informations fouillées, recoupées, jamais infondées. L’écrivain avait une plume précise, claire. Que ce soit pour dresser le bilan d’un conseiller fédéral ou retracer l’histoire d’une décharge industrielle, sa respectueuse ténacité lui a permis de faire jaillir plusieurs vérités, certaines longtemps cachées, d’autres dérangeantes, aucune mesquine.

José Ribeaud, c’était le journaliste humaniste. Présentateur de milliers de journaux télévisés, mais créateur de radios à Magadascar ; vedette télévisuelle, mais chantre de l’humilité ; polyglotte, mais ardent défenseur de l’usage de la langue française ; globetrotter installé à Berlin, mais viscéralement attaché à la terre qui l’a vu naître et grandir. Il s’en va à l’ère de l’information instantanée, en laissant à la profession une morale qui doit perdurer. Sa passion, son humilité et son respect de l’humain sauront rester source d’inspiration.

La version audio de l'hommage de Cyprien Lovis


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