Protéger les jeunes chez eux plutôt qu'en foyer

L’État de Neuchâtel veut limiter les recours au placement en institution. Les premières mesures ...
Protéger les jeunes chez eux plutôt qu'en foyer

L’État de Neuchâtel a présenté les premières mesures de sa réforme de la protection de l’enfance et de la jeunesse. Le but est de limiter les recours au placement en institution

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Mieux vaut maintenir les enfants et les jeunes en famille plutôt qu’en foyer. L’Etat de Neuchâtel a présenté lundi matin les premières mesures de sa nouvelle politique de soutien à la protection de l’enfance et de la jeunesse, en vigueur dès le mois de janvier. L’objectif est de limiter le recours au placement en institution. Dans ce but, deux nouvelles prestations verront le jour : le suivi à domicile 6 jours sur 7 auprès des familles les plus vulnérables par une équipe de la Croix Rouge Neuchâtel. Il s’agit surtout d’intensifier et de compléter des actions déjà existantes. Les explications du directeur, Robin Delisle :

Autre nouveauté, le placement en studio pour les jeunes de 16 à 18 ans, nécessitant un accompagnement hors du foyer familial. Pour cette dernière mesure, il s’agit d’une innovation venue du Tessin. Le projet baptisé La Batoude, nom désignant un tremplin pour acrobate, est piloté par la fondation Carrefour. Pour son directeur, Bernard Marchand, il ne s’agit pas d’abandonner les jeunes à leur sort:

Monika Maire Hefti, conseillère d'État en charge de l'éducation et de la famille. Monika Maire Hefti, conseillère d'État en charge de l'éducation et de la famille.

Cette nouvelle politique de soutien à la protection de l’enfance et de la jeunesse modernise un domaine vieux de 50 ans, comme le souligne le Département neuchâtelois de l’éducation et de la famille. À ce jour, « le placement en institution à Neuchâtel est deux fois plus élevé que dans les cantons voisins » relève la conseillère d’État Monika Maire Hefti. Avec cet accent mis sur l’ambulatoire, le nombre de places en foyer sera réduit de 300 à 250 d’ici 2022. Mais pas question de diminuer la qualité de la prise en charge. Cette réforme ne se fera pas au détriment des jeunes, selon Monika Maire Hefti :

Le Canton veut également augmenter le nombre de familles d'accueil et disposer de quelque 60 familles à terme. A ce jour, 20 enfants sont accueillis dans 18 familles et sept places sont disponibles dans six autres familles. Ainsi, 24 familles sont déjà autorisées à héberger alors que huit nouvelles ont entamé des démarches pour le devenir.

Du côté des institutions, la Fondation Sombaille Jeunesse-Jeanne Antide à La Chaux-de-Fonds devra économiser 3 millions de francs d'ici à 2022, a déclaré sa présidente Katia Babey, également conseillère communale de la Métropole horlogère. Elle va devoir réduire 16 places subventionnées pour les 0 à 6 ans, supprimer trois places d'accueil mère-enfant et biffer 25 places pour les jeunes.

Cette réorganisation aura notamment des conséquences sur le personnel et les bâtiments, a ajouté Katia Babey.

La Fondation L'enfant c'est la vie va elle supprimer 38 places sur 160, en regroupant notamment la Géode et le Foyer Corail. Au niveau des collaborateurs, 30 postes sur 130 seront biffés.

Son président, Olivier Selz, assure toutefois que les foyers garderont leur utilité :

« Une bourse de l'emploi a été mise sur pied pour permettre au personnel de se diriger vers les partenaires dont les prestations sont appelées à se développer », a aussi ajouté Monika Maire Hefti. « On a fixé aussi une échéance de quatre ans pour permettre aux institutions de pouvoir mieux gérer la transition grâce à des départs naturels ou des arrivées à la retraite », a-t-elle ajouté. /gwe-ats


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