Débat nourri sur la place à accorder à Tilo Frey et à Louis Agassiz

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Débat nourri sur la place à accorder à Tilo Frey et à Louis Agassiz

Le Conseil général de Neuchâtel s’est enflammé lundi soir sur la proposition du Conseil communal de renommer l’espace Louis Agassiz en espace Tilo Frey. Le législatif a finalement penché en faveur de la proposition

La Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Neuchâtel va changer d'adresse. (Image: Guillaume Perret) La Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Neuchâtel va changer d'adresse. (Image: Guillaume Perret)

Riche débat lundi soir au Conseil général de Neuchâtel : le législatif s’est enfin emparé de la proposition du Conseil communal de renommer l’espace Louis Agassiz en espace Tilo Frey, du nom de la première Neuchâteloise, d’origine camerounaise, à s’être hissée au Conseil national en 1971. L’exécutif avait suscité de vives réactions en faisant part de ce choix au mois de septembre. Le conseiller communal en charge du dossier, Thomas Facchinetti, a défendu farouchement cette vision devant le législatif, évoquant la nécessité d’offrir un hommage digne de ce nom à ce « symbole de la citoyenneté » que représente Tilo Frey, tout en écartant de l’espace public la figure aujourd’hui largement controversée de Louis Agassiz, « théoricien de la ségrégation » qui prônait une hiérarchie des races et dont les théories ont inspiré les pratiques de ségrégation aux États-Unis mais aussi l’apartheid ou encore certaines pensées nazies, a rappelé Thomas Facchinetti.


Le soutien d'une partie du groupe PLR

À l’issue d’un débat animé, une majorité de membres du Conseil général a suivi le Conseil communal dans sa position. Une partie minoritaire du groupe PLR a par exemple apporté son soutien à l’exécutif du fait que cette nouvelle appellation a été validée par le rectorat de l’Université, l’espace Louis Agassiz étant l’adresse de la Faculté des lettres et sciences humaines.

Aux yeux de la libérale-radicale Raymonde Richter, certains anciens noms doivent céder leur place à de nouveaux « et ce n’est pas une réinterprétation du passé ». L’élue se dit aussi satisfaite de voir qu’une place à part entière est par ailleurs accordée à Tilo Frey, comme le souhaitait le groupe.

La majorité des élus PLR étaient toutefois d’un avis fort différent. Christophe Schwarb a de son côté dénoncé « l’amateurisme » du Conseil communal dans ce dossier. Pour lui, l’exécutif commet deux erreurs en « déboulonnant Louis Agassiz » et en mettant Tilo Frey dans la posture de simple « remplaçante ». Pour le libéral-radical, cette démarche va forcément ouvrir la voie à d’autres changements de noms de rue.

Un avis que ne partage pas le Conseil communal : pour Thomas Facchinetti, Louis Agassiz doit, en raison de ce souci de théorisation sur les races, être différencié de figures comme celle de David de Pury, dont la fortune s’est construite sur le commerce d’esclaves. À ses yeux, il n’y a donc pas lieu d’envisager d’autres changements pour le moment. Il ajoute que la figure de Louis Agassiz conserve encore et toujours certains honneurs. Un tableau le représentant est par exemple accroché au Muséum d’histoire naturelle et son buste trône dans le bâtiment principal de l’Université de Neuchâtel.

Le changement de nom à l’espace Louis Agassiz devrait intervenir dans le courant de l’année prochaine.


Regroupement informatique

Lundi soir, le Conseil général a aussi adopté un rapport portant sur le rapprochement entre le Centre électronique de gestion et le Service informatique de l’Entité neuchâteloise. Ainsi l’informatique publique sera désormais du ressort du Canton dès le 1er janvier prochain, pour autant que le Grand Conseil valide lui aussi ce changement d’ici la fin de l’année. Les activités du service voué à être créé seront réparties sur deux sites d’ici 2025, aux Cadolles à Neuchâtel et à la rue Jardinière à La Chaux-de-Fonds. Cette fusion vise à renforcer les entités existantes notamment en termes d’investissements face à des machines toujours plus rapidement obsolètes, ainsi qu’en termes de sécurité à assurer. Ce service disposera de deux salles des machines à l’horizon 2022. Il répond aujourd’hui déjà aux besoins de 86'000 utilisateurs. Le montant à charge de la Ville est évalué à 2,9 millions de francs par an. La capitale cède son personnel à l’Etat dans cette opération mais perd aussi la gouvernance des contrats qui la lient à des clients externes comme la Confédération.


Vers davantage de zones à 30km/h ?

Finalement, le Conseil communal est aussi prié d’étudier la possibilité d’étendre le nombre de zones à 30 km/h dans le but de limiter les nuisances sonores liées au trafic. /sbe


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