Saison catastrophique pour les pêcheurs neuchâtelois

Le lac de Neuchâtel se vide peu à peu de son poisson. La saison de pêche estivale serait cinq ...
Saison catastrophique pour les pêcheurs neuchâtelois

Le lac de Neuchâtel se vide peu à peu de son poisson. La saison de pêche estivale serait cinq fois moins importante qu’en 2010 à cause des cormorans. Selon les pêcheurs du lac, la situation est extrêmement préoccupante concernant la palée et la bondelle

Le poisson neuchâtelois est en voie de disparition. Le poisson neuchâtelois est en voie de disparition.

Si le soleil a été au rendez-vous cet été sur le lac de Neuchâtel, il n’a pas brillé pour les pêcheurs.

La saison estivale s’est révélée plutôt médiocre voire très alarmante. Selon Didier Magnin, pêcheur à Hauterive, la palée et la bondelle, poissons emblématiques du lac, sont en grand danger. Cet été, le navigateur a récolté environ une dizaine de kilos par jour, soit une dizaine de bêtes, contre 50 à 80, il y a quelques années. Avec de tels quantités, cela suffit à peine pour subvenir à ses besoins.

Alors que certains avancent que la chaleur de cet été est l’un des facteurs pour expliquer cette baisse drastique du nombre des corégones (palées et bondelles) dans le lac, les navigateurs tempèrent cette hypothèse. Pour Didier Magnin: « la canicule de 2003 a été l’une des meilleures années pour le poisson neuchâtelois et il a fait moins chaud cette année ».


500 tonnes pour les cormorans

C'est le cormoran qui est directement visé par les pêcheurs. Ceux-ci avancent que depuis l’introduction du volatile dans la réserve du Fanel avec trois couples nicheurs en 2001, la quantité de poisson dans le lac a dramatiquement diminué. Actuellement, il y aurait 1200 couples qui vivent autour du lac.

Didier Magnin, pêcheur à Hauterive:

Cette surpopulation a une conséquence directe sur le nombre de palées dans le lac. En effet, un cormoran peut manger jusqu’à 800g de poisson par jour, ce qui se chiffre à peu près à 500 tonnes sur la saison. De plus, alors que les pêcheurs laissent les poissons juvéniles frayer et se reproduire, les cormorans – qui chassent en bande – s’attaquent directement aux jeunes palées qui se trouvent juste sous la surface du lac. Conséquence directe : il n’y a pas de renouvellement de l’espèce. Si la palée est très durement touchée, la bondelle, elle, survit grâce au fait qu’elle s’enfonce plus profondément dans le lac. De son côté, la perche neuchâteloise est aussi mal en point.

Un cormoran mange 800g de poisson par jour. Un cormoran mange 800g de poisson par jour.

Tirer les oiseaux

Pour les pêcheurs, le lac se tarit d’année en année en fonction de la croissance des oiseaux qui n’ont pas de prédateurs naturels dans la région. Ils demandent donc que des décisions rapides soient prises pour réguler la population des cormorans. Actuellement, ce dernier est protégé dans la région des Trois-lacs ce qui n’est pas le cas sur les autres plans d’eau en Suisse. /jha


 

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