Enfants : le maintien en famille plutôt que le placement en foyer

Le Conseil d’État neuchâtelois revoit son dispositif en matière de protection de la jeunesse ...
Enfants : le maintien en famille plutôt que le placement en foyer

Le Conseil d'Etat neuchâtelois revoit son dispositif en matière de protection de la jeunesse: il préconise un maintien des enfants dans leur famille, avec le soutien de professionnels, et le développement de familles d'accueil pour limiter les placements en institution

Le site de Belmont, à Boudry, où se trouve la direction et l'administration de la fondation L'Enfant c'est la vie. (Photo d'archives). Le site de Belmont, à Boudry, où se trouve la direction et l'administration de la fondation L'Enfant c'est la vie. (Photo d'archives).

Le placement en institution ne doit plus être l’outil principal en matière de protection de l’enfance et de la jeunesse. Le Canton de Neuchâtel revoit son dispositif en la matière. Le Conseil d’Etat mise principalement sur le maintien des enfants au sein de leur famille, avec un accompagnement professionnel ambulatoire, et sur le développement de familles d’accueil.

Cette nouvelle politique, présentée lundi, aura pour conséquence la suppression progressive, d'ici 2022 de 50 places au sein des institutions L’Enfant c’est la vie, Jeanne-Antide et Sombaille Jeunesse, soit principalement dans le domaine de la petite enfance et des jeunes proches de l'âge adulte. Pour les plus grands, l’Etat favorisera un passage en studio.

Les enfants ne seront pas bousculés dans leur parcours pédagogique pour parvenir à cet objectif, assure Christian Fellrath, chef du Service de protection de l’adulte et de la jeunesse. Des emplois vont aussi disparaître au sein de ces institutions à terme mais l’idée est de s’appuyer sur les départs naturels, à la retraite notamment, et de mettre sur pied une « bourse à l’emploi pour aider les collaborateurs à se réorienter », indique la conseillère d’Etat en charge de l’éducation, Monika Maire-Hefti. Les éducateurs vont en effet voir leur métier évoluer. Moins nombreux en institution, ils seront davantage appelés à se rendre au sein des familles à l’avenir ; une reconversion qui passera notamment par de la formation continue, selon le gouvernement.

Le nouveau dispositif vise à épauler les parents dans leur rôle pour maintenir l’enfant dans son environnement socioculturel. Les recommandations de l'Organisation des Nations unies sont claires aux yeux de la conseillère d’Etat : un enfant est mieux dans un environnement familial, surtout jusqu’à trois ans. En s’appuyant sur la Croix-Rouge et sur l’Action éducative en milieu ouvert (AEMO), menée par la Fondation Carrefour, le Conseil d’Etat entend ainsi apporter une aide à domicile aux parents. Christian Fellrath évoque un test mené au sein d’une famille locloise aux côtés de laquelle un éducateur était présent 24h par semaine.

Développer le nombre de familles d’accueil

Le gouvernement souhaite également développer les familles d’accueil, actuellement au nombre de dix. « L’objectif est d’arriver à 60 familles d’accueil d’ici 2022 », explique Christian Fellrath. Celles-ci peuvent être composées d’un couple hétéro ou homosexuel ou d’un seul parent. Le profil importe moins que l’alchimie qui doit se créer entre l’enfant et son foyer d’accueil.

Ces nouvelles formes de prise en charge ne diminueront pas le nombre d’enfants suivis, assure Monika Maire-Hefti. Actuellement, le Service de protection de l’adulte et de la jeunesse traite environ 2'500 dossiers d’enfants et de jeunes. De leur côté, en 2016, les différentes institutions ont pris en charge 469 enfants par le biais de leur 311 places. Les autorités prévoient d'aller à la rencontre des différents acteurs impliqués dans ce domaine d'ici la fin du mois.

« C’est un changement de paradigme qui s’amorce », ajoute Frédéric Schallenberger, chef de l’Office de protection de l’enfant. Le placement en foyer doit devenir de plus en plus marginal au profit d’une prise en charge de plus en plus ambulatoire. Neuchâtel essaie par ce biais-là de revenir dans la moyenne puisque le Canton dispose d'un nombre de places en institution deux fois plus élevé que les autres cantons latins, en fonction de sa population. Ce nouveau dispositif doit aussi permettre à l'Etat d'économiser trois millions de francs dans le secteur de l'enfance. /sbe


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