Retour en prison pour un ex-policier après une tentative de meurtre

La Cour pénale à Neuchâtel a condamné un ancien policier à 4 ans de prison mardi. L’homme a ...
Retour en prison pour un ex-policier après une tentative de meurtre

La Cour pénale à Neuchâtel a condamné un ancien policier à 4 ans de prison mardi. L’homme a été reconnu coupable de tentative de meurtre à l’encontre de son ancienne compagne

La porte d'entrée de la Cour pénale située au Château de Neuchâtel. La porte d'entrée de la Cour pénale située au Château de Neuchâtel.

Retour à la case « prison » pour un ancien policier qui avait étranglé son  ex-compagne. La Cour pénale à Neuchâtel a reconnu l’homme, âgé de 59 ans, coupable de tentative de meurtre par dol éventuel mardi après-midi et l’a condamné à une peine de prison ferme de 4 ans. En première instance, le tribunal avait uniquement retenu les lésions corporelles simples et avait conclu à une peine de 3 ans, dont 18 mois ferme, déjà purgés.

Le 4 juin 2016, cet ancien policier s’est rendu au domicile de son ex-compagne, deux mois après leur rupture, et l’a serré à deux reprises au cou lors d’une altercation. La Cour est aujourd’hui convaincue que le prévenu était animé d’une intention d’homicide. L’homme a envoyé plusieurs messages à son entourage dans les jours qui ont suivi les faits dans lesquels il indique avoir voulu tuer la plaignante en évoquant son étranglement. La Cour a déclaré ne pas pouvoir faire l’impasse sur ces propos, contrairement aux juges de première instance qui ne les avaient pas retenus en raison de messages contradictoires émis en parallèle. Le doute avait alors profité à l’accusé.

Autre élément : la Cour a relevé que le coupable avait quitté la Suisse peu de jours après les faits avant de contacter un ancien collègue policier pour savoir s’il était signalé à RIPOL, le système de recherches informatisées de police ; une attitude qui montre que le prévenu avait conscience de la gravité des faits, selon la Cour.

La victime s’est défendue de toutes ses forces, repoussant à deux reprises son agresseur, ce qui a peut-être joué un rôle dans l’issue de cette altercation, a estimé Pierre Cornu, vice-président de la Cour.

Pour les juges, la version de la victime, qui n’a pas changé, est nettement plus crédible que celle du prévenu, qui a souvent varié dans ses propos, indiquant notamment être tombé sur sa victime et lui avoir mis les mains autour du cou dans sa chute. Il a aussi été reproché à l’homme de constamment jouer avec les limites du cadre qui lui était posé.

 

Composante sadique

Ce jugement va dans le sens du Ministère public qui demandait à la Cour de retenir la tentative de meurtre et qui sollicitait une peine de 5 ans. Pour la procureure, Sylvie Favre, le prévenu a clairement tenté de tuer sa victime. À ses yeux, l’homme cherche toujours à contrôler son ex-compagne notamment en utilisant son réseau pour savoir comment la plaignante s’habille. L’ancien policier s’est également rendu souvent aux abords de la boulangerie ou son ancienne compagne travaille, jouant sur l’interdiction de l’approcher. Pour la procureure, « il s’amuse du stress qu’il provoque chez sa victime ». Elle évoque une « composante sadique » qui fait craindre une récidive et une absence totale de remise en cause.

L’homme avait par ailleurs été reconnu coupable, déjà en première instance, d’un harcèlement constant de sa victime en faisant usage de menaces ou encore d’injures. « La qualité de vie de la plaignante a été notablement péjorée », selon Pierre Cornu. Les juges ont prononcé une interdiction de contacter la victime ou ses proches d’une durée de 5 ans à l’encontre du prévenu.

De son côté, l’homme a répété à plusieurs reprises qu’il n’avait jamais voulu faire de mal à la victime. Il a constamment mis son geste sur le compte de l’alcool sans jamais mentionner le trouble de la personnalité narcissique décelé par l’expert psychiatre. « Je suis un nouvel homme », a-t-il déclaré, évoquant son abstinence en matière de boisson.

Le verdict a peine tombé, l’ancien policier a fait part de sa volonté de faire recours contre ce jugement. Les parties ont 30 jours pour faire appel. /sbe 


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