Automobiliste prévenu d’homicide par négligence

Un automobiliste qui a renversé un piéton et a poursuivi sa route a comparu devant le Tribunal ...
Automobiliste prévenu d’homicide par négligence

Un automobiliste qui a renversé un piéton et a poursuivi sa route a comparu devant le Tribunal de police à Neuchâtel. La victime est décédée 48 jours après l’accident, survenu en février 2016 à Fleurier

Justice Un automobiliste de 55 ans comparaît devant la Justice, entre autres pour homicide par négligence. (Photo: illustration)

Un automobiliste a comparu ce mercredi devant le Tribunal de police à Neuchâtel. Il est notamment prévenu d’homicide par négligence et de violation des obligations en cas d’accident. En février 2016, à Fleurier, il a renversé un piéton qui est mort un mois et demi après.

Par certains aspects, l’accident pourrait presque paraître banal. Le conducteur de la voiture n’allait pas vite, avenue Daniel-Jeanrichard à Fleurier, à 30 km/h tout au plus. Il n’a pas vu le piéton, qui s’engageait en dehors des clous, et l’a renversé. Ce qui rend cet accident particulier, c’est d’une part le fait que le conducteur vallonnier de 55 ans a poursuivi sa route. Grâce à un témoin, la police l’a vite identifié pour le cueillir à son domicile. Et d’autre part, l'octogénaire renversé, qui a dû être opéré, est décédé 48 jours après les faits.

 

La ligne de défense du prévenu

« À cause du frangin qui n’allait pas bien j’ai pris la mauvaise décision » a déclaré le prévenu. Son avocat l’a expliqué, son frère, c’est toute sa vie. Les jumeaux ont une relation fusionnelle, ils vivent quasiment en vase clos depuis le décès de leur mère qui les a toujours couvés. Le jour de l’accident, l’un conduisait l’autre chez le médecin.

La mauvaise décision dont il est question, c’est celle d’avoir poursuivi sa route après avoir heurté un homme qui traversait, sans s’inquiéter de son état de santé, sans prévenir les secours ou la police. Après le rendez-vous médical, les frères sont rentrés chez eux à Fleurier en voiture, mais le prévenu a pris un autre itinéraire que celui qu’il emprunte d’habitude. « Machinalement » affirme-t-il, pas pour éviter les lieux de l’accident. « J’étais vraiment préoccupé par l’état de santé de mon frère » a-t-il répété.

L’avocat du prévenu considère que la prévention d’homicide par négligence doit être écartée et demande une peine de 120 jours-amende avec sursis. Il précise aussi que l’absorption de médicaments ne doit pas être retenue dans cette affaire : le traitement que le Vallonnier suit depuis de nombreuses années n’est pas incompatible avec la conduite selon le médecin consulté.

 

Avis divergent du procureur

Le Procureur a rappelé que, lors de son audition par la police, l’homme avait affirmé avoir poursuivi sa route parce qu’il avait paniqué, parce qu’il avait peur de perdre une nouvelle fois son permis de conduire récupéré trois mois plus tôt. Pour le Ministère public, le plus grave, c’est le fait d’avoir laissé la victime sur la route dans cet état, sans appeler les secours, sans s’en soucier. La ligne de défense du prévenu, extrêmement préoccupé par l’état de santé de son frère ne convainc pas le procureur. « Nous ne sommes pas dans le cadre de douleurs insoutenables » a-t-il précisé, rappelant qu’après son rendez-vous, le frère malade est directement allé préparer le dîner pendant que l’autre parquait la voiture.

Jean-Paul Ros estime que le lien de causalité existe entre la mort du piéton et l’accident, et qu’il faut retenir l’homicide par négligence. Selon lui, la condamnation doit avoir valeur d’une épée de Damoclès : « il faut un signal clair pour faire comprendre aux gens que de quitter les lieux d’un accident est immoral et pénalement répréhensible. Ça doit être sévèrement puni ». Il a requis une peine privative de liberté de 9 mois assortie d’un sursis pendant quatre ans.

Le jugement sera rendu mardi 13 mars. /msa


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus