Concilier au mieux transports publics et mobilité réduite

Environ 260 collaborateurs des Transports publics neuchâtelois ont suivi une formation pour ...
Concilier au mieux transports publics et mobilité réduite

Environ 260 collaborateurs des Transports publics neuchâtelois ont suivi une formation pour mieux prendre en charge les personnes à mobilité réduite ou malvoyantes. L'occasion de cerner les difficultés propres à ce type de voyageurs

 Alain Friedrich, formateur à Forum Handicap, a délivré ses conseils aux conducteurs des TransN pour une prise en charge optimale des personnes à mobilité réduite dans les transports publics.

Accueillir de la manière la plus optimale possible les voyageurs qui présentent une mobilité réduite. Les conducteurs des Transports publics neuchâtelois (TransN) ont bénéficié d’une sensibilisation à la situation des personnes en chaise roulante ou malvoyantes qui prennent le bus. Depuis 2012, cette formation a été dispensée à La Chaux-de-Fonds, au Val-de-Ruz et au Val-de-Travers. Un mois de formation sur Neuchâtel s’achève ce vendredi. Au total, environ 260 collaborateurs auront eu droit à cette sensibilisation par groupe de quatre.

Alain Friedrich, formateur au sein de Forum handicap et lui-même en chaise roulante, a décrit le scénario idéal d’une prise en charge d’un voyageur comme lui. Le chauffeur doit veiller à la distance entre le véhicule et le trottoir pour installer au mieux la rampe d’accès, qui doit toujours être mise en place de l’extérieur pour éviter qu’elle ne claque devant le nez du voyageur. La personne en chaise roulante, aidée par le chauffeur, doit toujours être sécurisée. La montée se fait donc dos à la route et la descente de même. Un emplacement est réservé aux chaises roulantes dans les bus.

Lors de la formation de ce vendredi au dépôt des TransN, l’arrêt de bus de l’hôpital Pourtalès en direction de Marin a par exemple essuyé passablement de critiques. Le mur qui est très proche de la route laisse peu de marge de manœuvre pour le maniement d’une chaise roulante.

Alain Friedrich a par ailleurs rappelé que les trois priorités de l’entreprise TransN étaient la sécurité, le confort et l’horaire, en appuyant bien sur le fait que l’horaire arrive en troisième position. Lui-même a essuyé des remarques désobligeantes d’autres utilisateurs un peu trop pressés du genre : « Vous pouvez prendre le bus suivant, vous ne travaillez pas ».

 

La communication pour pallier une vue déficiente

Muriel Banon de Forum Handicap a quant à elle sensibilisé les chauffeurs à la situation des malvoyants et des aveugles. « Je vis en permanence dans le brouillard », dit-elle, « et le soleil, qui m’éblouit, est mon ennemi ». Cette malvoyante, habituée de la ligne de bus 107, a rappelé l’importance d’une bonne communication à l’égard de voyageurs comme elle. Les personnes à basse vision veulent être sûres d’être montées dans le bon bus. Les chauffeurs ne doivent dès lors pas hésiter à demander à ces passagers quelle est leur destination, sans crainte de s’immiscer dans leur vie privée.

Les annonces sonores des arrêts de bus sont par ailleurs une grande avancée pour ce type de personnes. Autre développement récent : les carrés d’éveil à disposition des malvoyants mais aussi des personnes âgées. Le conducteur doit dans la mesure du possible arrêter la première porte de son véhicule à la hauteur de ces lignes blanches pour faciliter la montée des passagers.

Alain Friedrich a insisté sur le fait que cette situation touchait en effet aussi le troisième âge. « De plus en plus de personnes âgées prennent les transports publics avec un déambulateur par exemple », dit-il. Les poussettes sont aussi un élément qui peut réduire la mobilité des voyageurs.

Les quatre conducteurs présents vendredi ont dû se glisser dans la peau d'une personne en chaise roulante et d'une personne malvoyante. Cette sensibilisation leur a permis de mieux réaliser les difficultés auxquelles sont confrontés ces voyageurs et d'affiner leur pratique pour l'avenir. Cette formation deviendra obligatoire au sein de TransN d’ici l’année prochaine.

 

De nouvelles rames pour le Littorail en 2019

En 2023, tous les transports publics devront être accessibles aux personnes à mobilité réduite en Suisse, selon des exigences légales ; un délai qui sera difficilement tenable, selon Alain Friedrich. Sur sol neuchâtelois, l’un des points noirs du côté de TransN reste le Littorail, inaccessible aux personnes en chaise roulante de par les marches qu’il faut gravir pour y monter. De nouvelles rames ont été commandées et devraient arriver à l’horizon 2019, explique la chargée de communication de TransN Aline Odot. À ce jour, 13 trolleybus ont encore un plancher haut sur les 173 véhicules que compte la flotte des Transports publics neuchâtelois.  /sbe

Lors de cette dernière séance,  quatre chauffeurs ont reçu les conseils d’Alain Friedrich, qui se déplace en chaise roulante, et de Muriel Banon, malvoyante, qui travaillent donc tous deux pour Forum Handicap. Valon Ramqaj, conducteur chez TransN, a suivi avec attention leurs instructions :


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